Le financement de la 13e rente AVS va bientôt passer par les urnes. Le 29 novembre 2026, les Suisses devront décider s’ils acceptent une hausse de la TVA destinée à apporter de nouvelles recettes à l’assurance vieillesse.
De nouveaux calculs permettent désormais d’estimer beaucoup plus concrètement ce que cette mesure représenterait chaque mois pour les ménages. Selon leur niveau de revenu et leur composition, la facture pourrait aller de quelques francs à plusieurs dizaines de francs supplémentaires.
En moyenne, environ 15 francs de plus par mois
Le projet adopté par le Parlement prévoit de relever le taux normal de TVA de 8,1 à 8,5 %, soit une augmentation de 0,4 point de pourcentage. Le taux spécial appliqué à l’hébergement passerait de 3,8 à 4 %, tandis que le taux réduit de 2,6 %, utilisé notamment pour les denrées alimentaires et les médicaments, resterait inchangé.
La Confédération estime que cette hausse permettrait de rapporter environ 1,5 milliard de francs supplémentaires par an à l’AVS dès 2028. La 13e rente coûtera, elle, entre 4 et 5 milliards de francs chaque année et sera versée pour la première fois dès décembre 2026. La hausse de TVA ne couvrirait donc qu’une partie de son financement.
Mais combien chaque ménage devrait-il réellement débourser ?
D’après une estimation de l’Administration fédérale des contributions fondée sur l’enquête de l’Office fédéral de la statistique sur les budgets des ménages, la charge supplémentaire atteindrait en moyenne environ 180 francs par an. Cela représente environ 15 francs par mois pour un ménage suisse moyen, comme l’indique Blick.
Les différences deviennent toutefois importantes lorsque les revenus sont pris en compte. Pour les ménages disposant de moins de 4600 francs par mois, la facture supplémentaire serait d’environ 7 francs mensuels.
Pour les ménages situés dans les catégories de revenus intermédiaires, elle dépasserait légèrement 13 francs par mois. Ceux dont le revenu atteint au moins 13’400 francs devraient en revanche payer environ 28 francs supplémentaires chaque mois.
De 6 à 28 francs selon les revenus et le ménage
La composition du foyer joue également un rôle. Pour une personne vivant seule, les calculs font apparaître une hausse située entre 6 et 18 francs par mois selon le revenu. Chez les ménages de retraités, la fourchette irait d’environ 7 à 25 francs mensuels.
En valeur absolue, les ménages les plus aisés verseraient donc davantage. La raison est assez simple : plus un foyer consomme, plus il paie de TVA, particulièrement lorsqu’il achète des biens ou des services soumis au taux normal.
Le choix de ne pas augmenter le taux réduit est important pour les ménages modestes. Les produits alimentaires, les médicaments et plusieurs biens de première nécessité continueraient ainsi d’être taxés à 2,6 %.
Les dépenses plus coûteuses seraient en revanche concernées par la hausse du taux normal. Un ménage consommant davantage de biens et services non essentiels supporterait donc mécaniquement une augmentation plus importante.
L’Union syndicale suisse soutient cette solution. Son économiste en chef Daniel Lampart estime notamment que le système entraîne une certaine redistribution, puisque les ménages aux revenus élevés contribueraient davantage au financement alors que le montant maximal d’une rente AVS ne progresse pas en fonction de leur niveau de consommation.
L’USS souligne également qu’une partie des recettes de TVA est acquittée par les touristes étrangers et certains secteurs économiques.
Une hausse contestée avant le vote du 29 novembre
Cette lecture est loin de faire l’unanimité. Le PLR s’oppose à l’augmentation de la TVA et considère qu’elle ferait une nouvelle fois peser une charge supplémentaire sur les consommateurs, notamment sur la classe moyenne.
Sa co-présidente Susanne Vincenz-Stauffacher estime que l’assainissement à long terme de l’AVS doit davantage passer par des réformes structurelles que par de nouvelles recettes fiscales. Elle défend notamment un débat sur l’âge de la retraite ou sur la durée de la vie active.
Le scrutin du 29 novembre portera uniquement sur le financement supplémentaire par la TVA. La 13e rente elle-même a déjà été approuvée par la population lors de la votation du 3 mars 2024.
Son premier versement interviendra donc en décembre 2026, quel que soit le résultat du vote de novembre.
Pour les ménages, l’enjeu est désormais beaucoup plus concret : en cas de oui, la hausse de TVA ne devrait pas entrer en vigueur avant 2028 et représenterait en moyenne 180 francs supplémentaires par an, avec une facture sensiblement différente selon les revenus et les habitudes de consommation.








