La taxe d’habitation sur les résidences secondaires continue de prendre de l’ampleur dans les communes qui disposent de la possibilité de l’augmenter. En 2026, davantage de collectivités ont choisi d’appliquer une majoration pouvant atteindre 60 %, dans un contexte de forte tension sur le logement dans certaines zones.
Selon les données de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), 1 666 communes ont décidé d’instaurer cette surtaxe en 2026 parmi les 3 689 communes éligibles au dispositif. Cela représente 45,2 % des collectivités concernées, contre 44,1 % en 2025 et 41 % en 2024. La progression reste donc régulière depuis la mise en place de cette possibilité pour les communes.
La mesure concerne uniquement les résidences secondaires. Depuis la suppression définitive de la taxe d’habitation sur les résidences principales pour l’ensemble des ménages, cet impôt continue en effet de s’appliquer aux logements qui ne constituent pas l’habitation principale de leur propriétaire ou occupant.

Une majoration qui peut atteindre 60 % selon la décision des communes
En 2026, environ 3,7 millions de résidences secondaires sont encore soumises à la taxe d’habitation. Son montant moyen atteignait 1 125 euros en 2024, avec de fortes différences selon la localisation du logement, sa valeur locative et les taux votés localement.
Depuis 2023, les communes situées dans certaines zones peuvent décider d’appliquer une majoration supplémentaire sur cette taxe. Le dispositif vise principalement les territoires où l’accès au logement est difficile, notamment les zones tendues où la demande est supérieure à l’offre disponible.
Sont concernées les communes appartenant à des agglomérations de plus de 50 000 habitants connaissant un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande de logements, mais aussi certains territoires où la proportion de résidences principales est plus faible. La majoration peut être fixée par la commune jusqu’à un maximum de 60 %.
Parmi les 1 666 communes ayant choisi d’utiliser ce levier fiscal en 2026, 688 ont opté pour le taux maximal de 60 %. Elles représentent 41 % des communes appliquant une surtaxe. Ce chiffre progresse légèrement par rapport à 2025, où 657 communes avaient choisi ce niveau maximal.
Les autres collectivités ont adopté des niveaux de majoration différents : 139 communes appliquent une hausse comprise entre 40 % et 60 %, 207 entre 30 % et 40 %, 278 entre 20 % et 30 %, et 354 entre 5 % et 20 %.
La Bretagne en tête des régions qui appliquent la surtaxe
La décision d’augmenter la taxe d’habitation sur les résidences secondaires varie fortement selon les territoires. La Bretagne est la région où le dispositif est le plus répandu : 84,6 % des communes éligibles l’ont adopté en 2026.
Elle est suivie par la Nouvelle-Aquitaine, avec 67,9 % des communes concernées ayant instauré une majoration, puis par les Pays de la Loire avec 65,1 %. Plusieurs régions du sud dépassent également la moyenne nationale, notamment la Provence-Alpes-Côte d’Azur avec 52,4 %, l’Occitanie avec 51,7 % et Auvergne-Rhône-Alpes avec 50 %.
À l’inverse, le dispositif est moins utilisé dans certaines régions. Dans le Grand Est, 29,6 % des communes éligibles appliquent une surtaxe, contre 29 % en Île-de-France et 28,2 % dans les Hauts-de-France. La Corse reste également en retrait avec 20,7 %. Dans les départements d’outre-mer, seulement 9,4 % des communes pouvant appliquer cette majoration l’ont mise en place, soit 5 communes sur 53.
Pour les propriétaires de résidences secondaires, cette évolution signifie que la facture fiscale peut continuer d’augmenter selon la commune où se situe le bien. Les collectivités utilisent cette possibilité pour tenter d’agir sur la pression immobilière et encourager la remise sur le marché de logements peu occupés, alors que de nombreux territoires font face à une pénurie de logements disponibles pour les habitants permanents








