La hausse des prix de l’énergie pèse de plus en plus lourd sur les finances des Français. Mais en plus des particuliers, l’Etat voit lui aussi ses recettes prendre un coup, notamment celles liées au carburant. Avec une telle situation, c’est toute la fiscalité énergétique qui sont remis en cause.
Selon les calculs de BFM Business, l’État pourrait enregistrer près de 200 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires en 2026, principalement grâce à la TVA appliquée sur les factures des ménages. Cette situation contraste avec celle observée sur les carburants. Malgré la hausse des prix à la pompe, les recettes fiscales liées à l’essence et au diesel n’ont pas progressé.
Elles ont même diminué par rapport à l’année précédente, selon les chiffres communiqués par le ministre des Comptes publics David Amiel. Au 20 septembre, les recettes fiscales issues des carburants avaient reculé de 407 millions d’euros par rapport à la même période de 2025. La hausse des prix avait pourtant généré 710 millions d’euros de TVA supplémentaires, mais ce gain a été effacé par une baisse de 1,117 milliard d’euros des recettes d’accises, liées notamment aux volumes consommés.
Le gaz pour booster les recettes fiscales
Le marché du gaz européen connaît une forte progression depuis le début de l’année. Le prix de gros du gaz, mesuré par l’indice TTF, est passé d’environ 30 euros le MWh en début d’année à près de 80 euros le MWh à la mi-septembre, atteignant son niveau le plus élevé depuis le début de 2023. Même si les cours ont légèrement reculé ensuite, ils restaient situés autour de 70 à 75 euros le MWh fin septembre.
Cette évolution se répercute sur les ménages dont le contrat est indexé sur le prix repère du gaz. D’après la Commission de régulation de l’énergie (CRE), la facture pourrait augmenter en moyenne de 10 % en 2026 pour environ 6 millions de foyers concernés. Contrairement à l’accise sur le gaz, la TVA évolue directement avec le montant de la facture. Une hausse du prix payé par les consommateurs entraîne donc automatiquement une augmentation des recettes liées à cette taxe.
L’estimation de 200 millions d’euros reste néanmoins incertaine. Pour cause, celle-ci dépendra notamment de la météo durant l’hiver. Car avec des températures plus douces, les besoins de chauffage risquent de baisser et donc les montants collectés aussi. À l’inverse, si la France connaît un hiver plus froid, la consommation pourrait être plus élevée. Outre la météo, les comportements des ménages auront également un effet sur ces recettes. Concrètement, une baisse de la consommation pour limiter les dépenses réduirait mécaniquement le montant des taxes encaissées.
Une fiscalité énergétique au centre des débats
La fiscalité appliquée au gaz repose sur plusieurs mécanismes. La TVA représente une part variable de la facture, tandis que l’accise dépend davantage des volumes utilisés. « La fiscalité du gaz comprend notamment la TVA, qui est proportionnelle à la facture des ménages. Et l’accise sur le gaz, qui dépend de la consommation. Donc, en fonction de la manière dont les ménages décident de moduler leurs comportements vis-à-vis du prix, cela va évidemment affecter la capacité de l’État à tirer de l’argent de cette situation, » explique à BFMTV Marin Gillot, expert énergétique chez Strategic Perspectives.








