Les ménages français peuvent écarter, à ce stade, le scénario d’une pénurie de gaz cet hiver. En revanche, ils doivent s’attendre à des factures plus lourdes.
En effet, le prix repère de vente du gaz (PRVG) augmentera de 6,3 % au 1er octobre, après une hausse de 5,6 % en septembre. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) fixe ainsi le prix repère moyen à 182,88 euros TTC par mégawattheure (MWh), contre 172,05 euros en septembre.
Cette évolution concerne les offres indexées sur le prix repère, et non l’ensemble des contrats. La CRE estime l’impact moyen à 5,28 euros TTC supplémentaires sur la facture d’octobre des consommateurs concernés. Les ménages disposant d’une offre à prix fixe, qui représentaient environ 40 % des consommateurs résidentiels de gaz à fin 2025, ne sont pas concernés par cette hausse. Au total, 10,31 millions de ménages disposaient d’un contrat de gaz naturel au 31 mars 2026.
Comme le précise 20 Minutes, la hausse s’explique principalement par l’évolution des cours de gros. Pour octobre, la composante approvisionnement du prix repère prend notamment en compte les cotations observées sur les marchés au mois d’août. Les autres composantes, comme l’acheminement et les taxes, n’évoluent pas à cette date.
Des stocks surveillés de près pour les mois les plus froids
Le gouvernement estime que l’approvisionnement français est désormais en passe d’être sécurisé pour l’hiver. « On travaille à une logique globale sur l’ensemble de l’hiver », a déclaré le 21 septembre la ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon. « On sécurise nos stocks pour l’hiver […] pour éviter tout risque d’approvisionnement », a-t-elle ajouté, tout en soulignant que les tensions au Moyen-Orient pèsent directement sur les prix.
La France vise un niveau de stockage de 85 % au début de l’hiver, conformément à l’objectif évoqué par la CRE et aux règles européennes. Le remplissage reste toutefois un sujet de vigilance à l’échelle européenne. Les stocks du continent étaient encore nettement en dessous de leur niveau saisonnier habituel à la mi-septembre.
Le principal point de tension pourrait intervenir en janvier et février si les températures deviennent très basses. « Ce qui compte, […] pour les marchés, selon Laurent Néry, ça va être le niveau des stockages de gaz dans la période la plus tendue. La demande peut être la plus forte en janvier, février s’il fait très froid ». À l’inverse, un début d’hiver doux limiterait les prélèvements dans les réserves et laisserait davantage de marge.
Pour les consommateurs, la tendance annuelle reste néanmoins défavorable. Si les prix restent globalement au niveau actuel jusqu’à la fin de l’année, la CRE estime que la facture moyenne de gaz en 2026 pourrait être environ 10 % supérieure à celle de 2025, soit près de 120 euros supplémentaires. Depuis le début de l’année, le prix du gaz a augmenté d’environ 30 %, selon Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE.
Une situation encore éloignée du choc de 2022
Les niveaux actuels restent toutefois très inférieurs à ceux observés lors de la crise énergétique de 2022. « En septembre, on est à 75 euros du mégawattheure (MWh) », souligne Laurent Néry, contre « plus de 180 euros du MWh » en septembre 2022. Cette différence s’explique notamment par la diversification des approvisionnements européens et le développement du gaz naturel liquéfié (GNL).
Le gaz reste néanmoins déterminant pour les prix de l’électricité en Europe. Lorsque les centrales à gaz sont nécessaires pour équilibrer l’offre et la demande, la hausse de leur combustible peut se répercuter sur les marchés électriques. La France dispose cependant d’un avantage lié à son parc nucléaire et à ses capacités renouvelables. RTE souligne que l’abondance de production bas carbone à faible coût variable contribue à la compétitivité du marché électrique français.
Pour l’hiver à venir, le gestionnaire du réseau estime, par ailleurs que les fondamentaux du système électrique français restent solides, avec une meilleure disponibilité du nucléaire et davantage de production renouvelable. Le risque pour les particuliers se situe donc moins dans une éventuelle coupure de gaz que dans le niveau des prix, particulièrement sensible à l’évolution de la situation géopolitique et aux températures des prochains mois.








