Après une année blanche qui a pesé sur les finances des retraités, les pensions complémentaires Agirc-Arrco pourraient enfin être revalorisées en novembre. Bien que le taux final n’ait pas encore été annoncé, la bonne nouvelle devrait être actée à la mi-octobre.
En effet, les négociations entre les organisations patronales et les syndicats doivent aboutir avant le 14 octobre 2026. Si les deux parties parviennent à un accord, la nouvelle valeur du point s’appliquera alors au 1er novembre prochain. Pour les millions de retraités concernés, la hausse apparaîtra sur le versement du lundi 2 novembre, qui arrivera donc quelques jours après sur les comptes en banque des pensionnés.
Une hausse théorique des retraites Agirc-Arrco comprise entre 1,2 % et 2 %
L’accord national interprofessionnel signé en 2023 fixe les règles de revalorisation du point jusqu’à la fin de l’année 2026. La valeur de service du point doit évoluer en fonction de l’inflation hors tabac, avec un facteur de soutenabilité de 0,40 point. L’Insee prévoit actuellement une inflation annuelle hors tabac de 2 % en 2026. La valeur de référence ressort donc à 1,6 %. Les partenaires sociaux disposent ensuite d’une marge de 0,4 point, ce qui dessine une fourchette comprise entre 1,2 % et 2 %.
Un autre élément peut encore réduire cette fourchette : l’évolution du salaire moyen par tête. L’accord interdit une revalorisation supérieure à la progression annuelle des salaires. « Nous ne connaissons pas encore le salaire moyen par tête. Nous le connaîtrons début octobre. Et celui-ci pourrait être inférieur à l’inflation », indique à MoneyVox Éric Chevée, vice-président de l’organisation patronale Les Entrepreneurs.
La dernière note de conjoncture de l’Insee table sur une progression proche de 2 % pour cet indicateur. Une source proche du dossier citée par MoneyVox évoque plutôt une évolution comprise entre 1,7 % et 1,8 %. Dans ce cas, le plafond de la négociation pourrait se situer autour de 1,7 % ou 1,8 %, plutôt qu’à 2 %. Les syndicats souhaitent, eux, aller jusqu’au maximum prévu. « La négociation va être difficile. Il n’y a aucune raison au regard des réserves à ce que l’on ne fasse pas le maximum, à savoir 2% », espère Régis Mezzasalma, conseiller confédéral retraites de la CGT.
Le gel de 2025 pèse sur les discussions
Les négociations s’ouvrent aussi avec le souvenir du gel décidé en novembre 2025. Faute d’accord entre les partenaires sociaux, la valeur du point n’avait pas été revalorisée. Les syndicats réclament aujourd’hui un rattrapage de cette année blanche. La situation financière du régime sera aussi au centre des échanges. L’Agirc-Arrco disposait de 91,2 milliards d’euros de réserves fin 2025. L’accord de 2023 prévoit que le régime conserve un niveau de réserves correspondant à au moins six mois de prestations jusqu’en 2037.
Cette règle intervient alors que la démographie française évolue. « pour la première fois depuis 1945, le nombre de naissances est inférieur au nombre de décès », soulignait Brigitte Pisa, vice-présidente de l’Agirc-Arrco représentant la CFDT, selon MoneyVox. Par conséquent, le montant supplémentaire touché par les retraités dépendra du taux final de cette revalorisation.
Concrètement, pour une pension complémentaire de 500 euros par mois, une hausse de 1,2 % représenterait 6 euros supplémentaires par mois. Avec 1,6 %, le gain atteindrait 8 euros, et 10 euros avec une revalorisation de 2 %. Pour 1 000 euros de pension complémentaire, les gains seraient respectivement de 12, 16 et 20 euros par mois. Avec 1 500 euros, ils atteindraient 18, 24 ou 30 euros.









