« C’est absurde » : Le Medef s’alarme face aux nouvelles taxes visant les entreprises dans le budget 2027

Le projet de budget 2027 provoque déjà des réactions dans le monde économique, avec plusieurs mesures qui suscitent de fortes réserves.

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Budget 2027 : le Medef s’alarme face aux nouvelles taxes visant les entreprises - Crédit : Medef | Econostrum.info

Ce jeudi, le projet de budget 2027 a été présenté, et celui-ci ne fait absolument pas l’unanimité auprès du du patronat. En effet, Patrick Martin, président du Medef, pointent du doigt plusieurs mesures qu’il juge pénalisante pour les entreprise française et l’économie du pays.

Invité sur Radio Classique vendredi 2 octobre, Patrick Martin chiffre à près de 20 milliards d’euros les prélèvements et pertes d’allègements qui concerneraient les entreprises. Point important, ce montant correspond au calcul du Medef, il ne d’agit donc pas d’une ligne unique inscrite dans le projet de budget. Pour redresser les finances publiques, le gouvernement vise de son côté 54 milliards d’euros en 2027, dont 43 milliards d’euros de mesures nouvelles.

Avec le projet du budget 2027, l’Exécutif veut ramener le déficit public à 5 % du PIB l’année prochaine, contre 5,4 % attendu en 2026. Patrick Martin juge la situation économique préoccupante. « La situation de la France « n’est pas bonne, on est même en légère récession, mais les remèdes vont aggraver la situation » », estime-t-il.

Les cotisations patronales au cœur de la contestation

Le Medef s’oppose notamment au projet de modification des allègements de cotisations patronales. Le gouvernement veut intégrer l’intéressement et la participation dans l’assiette servant à calculer ces allègements, ce qui représenterait environ 3,7 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Le projet prévoit aussi de geler les allègements sur les bas salaires, malgré la progression du Smic. Cette disposition représenterait environ 2,9 milliards d’euros supplémentaires selon le Medef.

Patrick Martin dénonce une hausse du coût du travail. « On vient rogner la marge de manœuvre des entreprises, c’est absurde », affirme-t-il. La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises constitue un autre point de friction. Créée en 2025, elle serait reconduite pour une troisième année en 2027, avec un rendement ramené de 7,3 à 5,2 milliards d’euros, soit une baisse d’environ 30 %. Cette contribution concerne les groupes réalisant plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires en France.

Selon les données citées par BFM Business, 393 entreprises étaient redevables de cette surtaxe en 2025, même si l’essentiel du rendement provenait de 135 sociétés. Le projet prévoit aussi une hausse de la contribution pesant sur les exploitants d’infrastructures de transport longue distance, notamment les sociétés concessionnaires d’autoroutes et certains opérateurs aéroportuaires. Le rendement attendu passerait à environ 1,4 milliard d’euros, contre 600 millions actuellement.

Le Medef réclame une baisse des dépenses publiques

Patrick Martin critique aussi la méthode employée par l’exécutif. « On a d’abord reçu une lettre rassurante du gouvernement puis des signaux contradictoires. Il y a une forme d’improvisation avec l’apparition de nouvelles taxes comme l’extension de la taxe sur les produits sucrés. Il y a une impression de fébrilité », a-t-il déclaré.

En effet, le projet de budget prévoit d’étendre la taxe sur les boissons sucrées à d’autres produits alimentaires transformés qui contiennent des additifs et au moins 10 grammes de sucre pour 100 grammes. Avec cette nouvelle initiative, plusieurs produits sont donc ciblés, c’est notamment le cas pour les biscuits, gâteaux, céréales, glaces, confiseries et produits chocolatés.

Le président du Medef appelle aussi à agir sur les dépenses publiques. Il cite notamment les réformes des retraites et de l’assurance chômage, ainsi que les dépenses des collectivités locales. « Il ne fallait pas revenir sur la réforme des retraites et aller au bout de celle de l’assurance chômage », estime-t-il. Il réclame également des économies dans la sphère sociale et administrative, sans réduire les effectifs de soignants.

Le gouvernement prévoit parallèlement de geler le point d’indice des fonctionnaires en 2027. Les rémunérations versées par l’État devraient pourtant passer de 91,7 à 93 milliards d’euros, notamment sous l’effet des évolutions de carrière et des créations de postes dans certains ministères.

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