Le gouvernement fédéral prépare une modification du système d’indexation des salaires en Belgique. À partir de 2026, un plafonnement partiel entrera en vigueur, avec des effets variables selon les niveaux de revenus et les secteurs. Présentée comme une réponse aux contraintes économiques, cette mesure soulève des interrogations sur ses conséquences concrètes pour les travailleurs.
Le gouvernement dirigé par Bart De Wever a décidé d’appliquer ce plafonnement à deux moments distincts : en 2026 puis en 2028. Entre ces deux échéances, le système d’indexation classique sera maintenu en 2027, sans limitation spécifique. Cette alternance vise à contenir l’évolution des coûts salariaux tout en conservant le principe d’adaptation des revenus à l’inflation.
L’entrée en vigueur de la mesure est annoncée pour le 1er juin 2026. Le calendrier dépend du vote de la loi-programme, dont l’examen a été reporté. Dans l’intervalle, les règles actuelles continuent de s’appliquer, ce qui laisse une période d’incertitude sur le timing précis de mise en œuvre.
Des mécanismes d’indexation différents selon les secteurs
Le système belge repose sur plusieurs formes d’indexation liées à l’évolution des prix. Certains travailleurs bénéficient d’une hausse automatique de 2 % à chaque dépassement de l’indice pivot. Ce mécanisme concerne notamment les fonctionnaires ainsi que certains secteurs du privé.
D’autres salariés sont soumis à une indexation à date fixe, avec un pourcentage variable. C’est le cas d’un grand nombre d’employés du privé, notamment dans la CP 200 ou dans l’horeca, où les salaires sont adaptés une fois par an, généralement en janvier. Dans certains secteurs, l’ajustement peut intervenir chaque trimestre ou chaque mois, ce qui crée des écarts dans le calendrier d’application.
Un plafonnement qui cible les revenus supérieurs à 4.000 euros
La réforme introduit une distinction selon le niveau de rémunération. Les travailleurs percevant jusqu’à 4.000 euros bruts mensuels ne seront pas concernés par le plafonnement. Leur indexation continuera de s’appliquer selon les règles habituelles, sans modification.
Pour les salaires supérieurs à ce seuil, l’indexation de 2 % sera limitée. Concrètement, la hausse ne s’appliquera pas sur l’ensemble du salaire, ce qui réduit l’augmentation finale. Cette approche vise à contenir l’évolution des rémunérations les plus élevées tout en préservant les revenus plus modestes.
Des premiers effets attendus dès juin dans plusieurs secteurs
Comme l’explique la journalistique Caroline Sury sur RTL, les premiers travailleurs concernés seront ceux dont l’indexation intervient en juin. Cela inclut notamment les salariés du commerce de détail alimentaire (CP 202), de la construction (CP 124) et du nettoyage (CP 121). Ces secteurs appliqueront les nouvelles règles dès leur entrée en vigueur.
Pour d’autres catégories, comme les employés de la CP 200 ou de l’horeca, dont l’indexation a lieu en janvier, la première application du plafonnement interviendra en 2027. Le calendrier varie donc selon les commissions paritaires et les modalités propres à chaque secteur. Les fonctionnaires seront soumis aux mêmes règles dès l’application de la mesure.
Seuls ceux dont les revenus dépassent 4.000 euros bruts mensuels verront leur indexation limitée. Les autres continueront de bénéficier d’une adaptation complète. Pour les pensionnés, un seuil distinct est prévu. Les pensions inférieures à 2.000 euros bruts mensuels ne seront pas affectées. Au-delà, l’indexation ne s’appliquera que sur la tranche jusqu’à ce montant.
Selon certaines estimations, un dépassement de l’indice pivot pourrait intervenir dans les prochains mois, ce qui entraînerait une adaptation des montants en fin d’année, sous réserve de confirmation.








