Le recours au travail étudiant a fortement augmenté en Belgique ces dernières années. Une étude du Bureau fédéral du Plan, publiée mercredi à la demande du ministre de l’Emploi David Clarinval, révèle que le volume de travail étudiant a progressé de 58 % entre 2017 et 2024, un rythme nettement supérieur à celui de l’emploi régulier, qui n’a augmenté que de 7 %.
Alors que le travail étudiant connaît une croissance rapide, d’autres formes de travail flexible, comme l’emploi intérimaire, ont reculé sur la même période. Seuls les flexi-jobs ont enregistré une hausse plus rapide, mais leur volume reste inférieur à celui de l’emploi étudiant. Cette dynamique traduit un attrait accru des étudiants pour le travail rémunéré, ainsi que la flexibilité qu’offre ce type d’emploi pour concilier études et revenus supplémentaires.
Une réforme gouvernementale favorable au travail étudiant
Le gouvernement fédéral a renforcé les conditions du travail étudiant à travers une réforme récente. Le nombre d’heures autorisées par étudiant est passé de 600 à 650 heures par an, l’exonération fiscale applicable aux revenus étudiants a été doublée et le plafond des moyens d’existence nets a été relevé à 12.000 euros. L’âge minimum pour accéder au travail étudiant a également été abaissé à 15 ans, sans condition de niveau d’études. Ces mesures visaient à encourager les jeunes à travailler tout en préservant leur statut fiscal et social.
Des effets limités sur les étudiants
Selon le Bureau du Plan, malgré ces changements, les effets concrets de la réforme devraient rester limités. L’augmentation du contingent d’heures ne devrait concerner que moins de 5 % des étudiants actifs, l’abaissement de l’âge minimum n’entraînerait qu’une augmentation d’environ 1 % du nombre de travailleurs étudiants, et le doublement de l’exonération fiscale ne devrait pas produire d’effet significatif.
Les risques d’un travail étudiant intensif
Le rapport souligne également que travailler intensivement peut nuire aux études. Un consensus scientifique indique que des horaires trop chargés peuvent affecter les performances scolaires, tant en termes de résultats que de durée des études. Les effets positifs sur l’insertion professionnelle après les études sont limités et concernent principalement la familiarisation avec le monde du travail, mais ils ne compensent pas toujours l’impact potentiel sur le parcours académique.
Une tendance qui invite à la prudence
Cette croissance rapide du travail étudiant illustre un tournant dans la participation des jeunes au marché du travail, mais elle soulève des questions sur la conciliation entre emploi et études. Si la flexibilité et le revenu supplémentaire séduisent de nombreux étudiants, il reste crucial de veiller à ce que l’intensité du travail ne compromette pas la réussite académique, afin que ces expériences professionnelles restent un atout plutôt qu’un frein pour l’avenir.








