Quelle durée d’arrêt de travail faut-il prévoir pour une migraine, une crise d’asthme ou une cervicalgie ? Pour aider les médecins dans leurs décisions, le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale a publié vingt fiches de référence consacrées à des pathologies courantes. Ces documents visent à guider l’évaluation de la durée des certificats médicaux, sans pour autant imposer de règles strictes.
Ces nouvelles fiches concernent vingt affections fréquentes comme l’asthme, le diabète de type 1, l’épilepsie, la fibromyalgie, la migraine, les troubles obsessionnels compulsifs ou encore les cervicalgies. Elles sont destinées à fournir un cadre indicatif aux médecins lorsqu’ils doivent estimer une incapacité de travail.
Chaque fiche contient des informations médicales sur la pathologie, un parcours de rétablissement et des recommandations liées au retour au travail. Elles peuvent également orienter les praticiens vers un suivi avec un médecin-conseil, en fonction de la situation du patient.
Un tableau précise également des durées de référence pour les arrêts de travail. À titre d’exemple, pour une migraine légère, la durée d’incapacité peut varier de zéro à trois jours. Dans les cas de migraines chroniques sévères, elle peut aller de cinq à trente jours selon l’évolution des symptômes.
| Type de migraine | Durée minimale | Durée optimale | Durée maximale |
|---|---|---|---|
| Migraine légère à modérée, épisodique | 0 jour | 1 à 2 jours par crise | 3 jours |
| Migraine fréquente (plusieurs crises/mois) | 1 jour | 3 à 5 jours | 7 jours |
| Migraine chronique sévère (sous traitement) | 5 jours | 10 à 20 jours | 30 jours |
Un outil d’aide à la prescription, pas une règle stricte
Selon le professeur Lode Godderis, qui a participé à l’élaboration de ces fiches, l’objectif est de proposer un outil d’aide à la décision. Il souligne qu’il est souvent difficile d’estimer précisément la durée d’un arrêt de travail, notamment pour certaines pathologies comme les troubles musculo-squelettiques. L’évaluation doit également tenir compte du type de travail exercé et de l’environnement professionnel du patient.
Les fiches ont été conçues comme un support de dialogue entre médecins et patients, selon plusieurs associations professionnelles ayant contribué au projet. Elles ne remplacent pas l’appréciation clinique individuelle, mais visent à structurer les échanges.
L’outil du SPF Emploi accueilli avec prudence par les médecins
Du côté des médecins généralistes, les réactions restent nuancées. Si le contenu scientifique des fiches est jugé solide, plusieurs représentants du secteur appellent à la prudence. Pour Lawrence Cuvelier, président du GBO, ces documents risquent de simplifier excessivement une réalité médicale complexe, rapporte la RTBF.
Il rappelle que chaque patient est différent et que l’incapacité de travail dépend de nombreux facteurs, allant de l’état de santé aux conditions professionnelles. Selon lui, la standardisation excessive des durées d’arrêt pourrait exercer une pression supplémentaire sur la relation entre médecin et patient.
Un équilibre entre repères et individualisation
Ces fiches illustrent la volonté des autorités de mieux encadrer les certificats médicaux tout en offrant des repères aux praticiens. Mais elles soulèvent aussi des interrogations sur la place laissée au jugement médical individuel dans l’évaluation des arrêts de travail. Entre harmonisation des pratiques et prise en compte des situations personnelles, le débat reste ouvert dans le secteur de la santé.








