Arrêts maladie : les mutuelles belges accusées d’avoir versé des indemnités injustifiées

De nouvelles enquêtes de l’INAMI relancent la polémique autour des contrôles des arrêts maladie de longue durée et du rôle des mutuelles en Belgique.

Publié le
Lecture : 2 min
mutuelles
Arrêts maladie : les mutuelles belges accusées d’avoir versé des indemnités injustifiées. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

Les mutuelles belges se retrouvent au cœur d’une nouvelle polémique après deux enquêtes de l’INAMI sur les arrêts maladie de longue durée. Selon ces contrôles, une part importante des bénéficiaires aurait perçu des indemnités de manière injustifiée ou pendant une période jugée excessive, relançant les critiques autour du suivi des dossiers.

L’INAMI a analysé en 2025 un échantillon de dossiers concernant des personnes en arrêt maladie de longue durée. Deux groupes spécifiques ont été examinés : les jeunes de moins de 28 ans ainsi que les personnes de moins de 40 ans souffrant de troubles psychiques. Pour chacune de ces catégories, environ 1.000 dossiers ont été contrôlés.

Les conclusions de ces enquêtes interpellent fortement. Selon les résultats consultés par le journal De Standaard, près d’un quart des personnes concernées auraient bénéficié d’indemnités de maladie à tort ou pendant une période jugée excessive. Dans plusieurs cas, l’INAMI estime que la reconnaissance d’incapacité de travail aurait dû être réduite ou complètement levée plus tôt.

De nombreuses personnes jugées capables de retravailler

Les contrôles révèlent également qu’une majorité des personnes concernées auraient été capables de reprendre une activité professionnelle. Dans les dossiers examinés, l’INAMI estime que 70 % à 84 % des personnes en arrêt de longue durée pouvaient théoriquement reprendre un emploi similaire à celui exercé auparavant.

Ces chiffres alimentent le débat sur le suivi des malades de longue durée en Belgique, alors que le nombre de personnes en incapacité de travail continue d’augmenter depuis plusieurs années. Le gouvernement fédéral cherche justement à renforcer les politiques de retour à l’emploi afin de limiter la pression sur les finances publiques et sur le système de sécurité sociale.

Une mutuelle particulièrement pointée du doigt

L’enquête de l’INAMI met également en lumière d’importantes différences entre les mutuelles. Selon les données publiées, les mutualités socialistes apparaissent comme celles ayant accordé le plus fréquemment des indemnités jugées injustifiées. Dans le groupe des moins de 40 ans souffrant de troubles psychiques, près de 29,4 % des bénéficiaires affiliés à cette mutuelle auraient perçu des prestations de manière excessive ou injustifiée.

Ce taux serait environ dix points plus élevé que dans les autres organismes assureurs. Ces résultats risquent de renforcer les critiques politiques autour du contrôle des dossiers d’incapacité de travail.

Les mutuelles convoquées au Parlement

Face à ces révélations, les mutuelles doivent désormais s’expliquer devant les responsables politiques. Une audition est prévue au Parlement fédéral afin de faire le point sur les mécanismes de contrôle appliqués aux malades de longue durée. Les discussions devraient notamment porter sur les méthodes d’évaluation médicale, le suivi des bénéficiaires et les possibilités de retour progressif au travail.

Le sujet reste particulièrement sensible en Belgique, où les dépenses liées aux incapacités de travail représentent plusieurs milliards d’euros chaque année. Avec ces nouvelles enquêtes, la pression pourrait encore augmenter sur les mutuelles et sur le gouvernement fédéral pour renforcer les contrôles et limiter les abus éventuels dans le système des indemnités de maladie.

Laisser un commentaire

Share to...