Wallonie : hausse du chômage, mais un taux d’emploi qui progresse

La Wallonie voit le nombre de demandeurs d’emploi augmenter, tandis que le taux d’emploi progresse, un paradoxe qui interroge les chiffres.

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Wallonie : hausse du chômage, mais un taux d’emploi qui progresse. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Les chiffres de l’emploi en Wallonie dessinent une situation difficile à lire. D’un côté, le nombre de demandeurs d’emploi augmente fortement. De l’autre, le taux d’emploi progresse légèrement. Un paradoxe statistique qui interroge, même si plusieurs facteurs permettent de l’expliquer.

En mai 2026, la Wallonie comptait 269.700 demandeurs d’emploi, selon les chiffres publiés par le Forem. Cela représente une hausse de 10 % sur un an. La tendance n’est pas nouvelle. En mai 2025, le nombre de demandeurs d’emploi s’élevait déjà à 244.523, en progression de 10 % par rapport à l’année précédente. Et en mai 2024, ils étaient 222.363, soit une nouvelle hausse de 7,4 % par rapport à 2023.

En deux ans, la progression est donc d’environ 21 %, ce qui traduit une dégradation nette du marché du travail, selon plusieurs responsables politiques de l’opposition. Dans le même temps, les offres d’emploi disponibles diminuent fortement. Le Forem recense environ 41.516 offres actives, soit une baisse estimée à près de 42 % sur un an. Une contraction qui accentue la pression sur les demandeurs d’emploi.

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Une baisse artificielle dans certaines catégories de chômeurs

Dans le détail, toutes les catégories de demandeurs d’emploi n’évoluent pas dans le même sens. Le nombre de personnes percevant des allocations chômage a chuté de 34,5 % en un an. Mais cette baisse ne signifie pas forcément un retour à l’emploi. Une partie de ces personnes a basculé vers d’autres statuts, notamment après les réformes et les exclusions progressives des allocations pour certains profils.

Beaucoup se retrouvent désormais dans la catégorie des demandeurs d’emploi inscrits obligatoirement, en hausse de 44 %, où figurent notamment les personnes ayant sollicité un revenu d’intégration sociale auprès des CPAS. D’autres sont enregistrées comme demandeurs d’emploi inscrits librement, dans l’attente d’une éventuelle aide. Les jeunes en stage d’insertion sont également moins nombreux, en raison d’une réforme qui a réduit la durée de cette période de 12 à 6 mois.

Selon le Forem, cela crée une rupture statistique, rendant les comparaisons plus difficiles d’une année à l’autre.

Un taux d’emploi pourtant en légère progression

Paradoxalement, les données de Statbel indiquent une amélioration du taux d’emploi en Wallonie. Celui-ci est passé de 66,2 % au premier trimestre 2024 à 68 % deux ans plus tard. Une progression d’environ 2 points de pourcentage. Le taux d’emploi mesure la part des personnes en activité parmi la population âgée de 20 à 64 ans. Mais cet indicateur repose sur des enquêtes statistiques, avec une marge d’incertitude non négligeable.

Statbel précise en effet que ces résultats sont basés sur des sondages et comportent une marge d’erreur pouvant approcher 3 %. Cela signifie que les variations doivent être interprétées avec prudence. Ce décalage entre hausse du nombre de demandeurs d’emploi et progression du taux d’emploi s’explique en partie par des changements de statuts, des réformes administratives et des effets de transition dans les bases de données.

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Au final, les chiffres traduisent deux réalités en parallèle : une pression croissante sur le marché de l’emploi en Wallonie, et des indicateurs statistiques qui peuvent évoluer dans des directions différentes selon les critères utilisés. Un paradoxe qui illustre surtout la complexité des outils de mesure de l’emploi, plus que des évolutions simples et linéaires du marché du travail.

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