Le Bureau fédéral du Plan annonce une accélération de l’inflation en Belgique dans ses dernières prévisions. Cette évolution conduit à anticiper deux dépassements de l’indice pivot en 2026, un mécanisme central pour l’indexation des revenus. Dans un contexte marqué par la hausse des prix de l’énergie, ces ajustements auront des répercussions directes sur les salaires, les prestations sociales et les coûts pour les employeurs.
Le Bureau fédéral du Plan prévoit une inflation moyenne de 3,2 % en 2026 et 2,9 % en 2027, après 2,47 % en 2025 et 3,14 % en 2024. Cette révision s’explique par un renchérissement des prix énergétiques lié aux tensions géopolitiques. Le pétrole Brent atteindrait 90 dollars le baril en 2026 avant de redescendre à 75 dollars en 2027, tandis que le gaz naturel (TTF) se situerait à 46 €/MWh puis 41 €/MWh.
Deux franchissements de l’indice pivot attendus en 2026
Dans ce contexte, l’indice pivot devrait être dépassé une première fois en juillet 2026, puis une seconde fois en décembre. Ce seuil déclenche automatiquement une indexation des prestations sociales et des salaires des fonctionnaires. Une première adaptation interviendrait en octobre, avec un taux d’indexation fixé à 2 %, appliqué uniquement à certaines tranches de revenus définies par les autorités fédérales.
Les mesures gouvernementales prévoient un plafonnement de l’indexation afin de contenir la progression des dépenses. Le taux de 2 % sera appliqué jusqu’à 2.000 euros bruts mensuels pour les prestations sociales et jusqu’à 4.000 euros bruts pour les salaires publics. Au-delà de ces seuils, les hausses seront limitées, ce qui modifie la portée du mécanisme pour les revenus les plus élevés.
Des effets rapides dans plusieurs secteurs du privé
Selon une analyse du groupe RH Acerta, plusieurs secteurs verront leurs salaires ajustés dès juin 2026. Les ouvriers des cimenteries, de l’industrie pétrolière, ainsi que du gaz et de l’électricité sont concernés en premier, en raison d’une indexation mensuelle. D’autres secteurs suivront en juillet, notamment la construction, la métallurgie et le nettoyage, avec des calendriers d’indexation spécifiques.
L’indexation automatique vise à préserver le pouvoir d’achat face à la hausse des prix, tout en entraînant une augmentation des coûts salariaux pour les entreprises. Le plafonnement introduit par le gouvernement limite les hausses pour les rémunérations élevées. Une partie de cet ajustement peut être compensée via une cotisation spécifique, permettant de répartir une fraction des charges vers les finances publiques.








