Chômeurs de longue durée : ces freins qui bloquent encore leur retour à l’emploi

Les entreprises restent prudentes face au recrutement de chômeurs de longue durée, entre craintes liées aux compétences et contraintes économiques.

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Chômeurs de longue durée : ces freins qui bloquent encore leur retour à l’emploi. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Près d’un employeur sur deux se montre hésitant face au recrutement de chômeurs de longue durée. Derrière cette prudence, des inquiétudes liées aux compétences, aux coûts et à l’organisation du travail. Une enquête récente met en lumière les freins persistants malgré les besoins de main-d’œuvre. 

Selon une enquête menée par le Groupe S, près d’un employeur sur deux hésite à recruter une personne restée au chômage pendant plus de deux ans. Parmi eux, 8 % se montrent clairement défavorables à ce type de profil. Pour 8 employeurs sur 10, une longue période d’inactivité est perçue comme un risque à l’embauche, ce qui influence directement les décisions de recrutement.

Cette prudence s’explique par un contexte économique jugé complexe par les entreprises. Entre la hausse des coûts, la concurrence et les contraintes liées au fonctionnement quotidien, certaines structures hésitent à intégrer un facteur d’incertitude supplémentaire dans leurs équipes.

Des inquiétudes liées aux compétences et au rythme de travail

Au-delà du contexte économique, les employeurs expriment des doutes sur les compétences des candidats. Une période prolongée sans activité peut entraîner une perte de savoir-faire, mais aussi de repères professionnels. Les entreprises redoutent que ces travailleurs doivent réapprendre certains gestes, outils ou habitudes liés au monde du travail.

La question du rythme est aussi évoquée. Après plusieurs années sans emploi, reprendre une activité professionnelle peut nécessiter une période d’adaptation. Cela implique un accompagnement plus important, que toutes les entreprises ne sont pas prêtes à mettre en place.

Le coût et le temps de formation de chômeurs de longue durée pointés du doigt

La formation constitue un autre frein majeur. Selon l’enquête, 4 entreprises sur 10 ne souhaitent pas investir dans la formation de chômeurs de longue durée, rapporte RTL. Former un travailleur demande du temps, des ressources et une mobilisation interne, ce qui peut peser sur l’organisation.

Dans un contexte de pression sur les marges, certaines entreprises estiment ne pas pouvoir consacrer ces moyens. Le coût du travail et les contraintes économiques renforcent cette position, en particulier dans les secteurs déjà confrontés à une forte concurrence.

Une piste : renforcer l’accompagnement avant l’embauche

Certains acteurs plaident pour une meilleure préparation en amont. L’idée serait de former les demandeurs d’emploi avant leur retour en entreprise, afin de faciliter leur intégration. Cette approche permettrait de réduire les craintes liées aux compétences et au rythme de travail. Elle suppose une coordination entre les services publics de l’emploi et les entreprises, afin d’adapter les formations aux besoins concrets du terrain.

Cette piste est régulièrement évoquée comme un moyen de fluidifier les recrutements. Pour encourager les entreprises, la Fédération wallonne des entreprises envisage la mise en place d’une prime à l’embauche. L’objectif est de réduire le coût initial lié à l’engagement d’un chômeur de longue durée et de soutenir son accompagnement.

Selon les données disponibles, 85 % des entreprises estiment que ces profils nécessitent un suivi plus important. Une aide financière pourrait donc faciliter leur intégration en compensant une partie des efforts demandés aux employeurs.

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