Supermarchés : pourquoi Colruyt ne veut pas ouvrir le dimanche

Colruyt refuse toujours d’ouvrir ses magasins le dimanche, un choix assumé malgré la pression de la concurrence en Belgique.

Publié le
Lecture : 2 min
Colruyt
Supermarchés : pourquoi Colruyt ne veut pas ouvrir le dimanche. Crédit : Belga | Econostrum.info - Belgique

Colruyt ne prévoit toujours pas d’ouvrir ses supermarchés le dimanche. Une position confirmée par le CEO du groupe, Stefan Goethaert, alors que la concurrence multiplie les ouvertures dominicales et que les habitudes des consommateurs évoluent.

Le groupe belge maintient sa ligne : les supermarchés Colruyt resteront fermés le dimanche. Cette décision est revendiquée comme un choix stratégique, malgré les transformations du secteur de la distribution. Selon la direction, le modèle actuel repose sur un équilibre économique et social qui ne permet pas une ouverture dominicale généralisée sans modification du cadre salarial. Le CEO parle d’un choix « assumé », directement lié à l’organisation du travail au sein du groupe.

Une pression concurrentielle de plus en plus forte

Cette position intervient dans un contexte de concurrence accrue. Plusieurs enseignes ont déjà adapté leurs horaires, avec des ouvertures le dimanche devenues plus fréquentes. Carrefour est déjà actif sur ce créneau, tandis que certains indépendants exploitent largement cette flexibilité. Aldi et Lidl envisagent également d’élargir leurs horaires dominicaux, notamment le dimanche matin, accentuant la pression sur le groupe Colruyt.

Dans le même temps, les résultats récents montrent une évolution du marché. La part de marché de l’ensemble Colruyt en Belgique, incluant Okay, Spar et Comarkt, recule désormais à environ 28,5 %.

Un modèle jugé difficile à adapter pour Colruyt 

Pour Colruyt, cette évolution du secteur complique l’équilibre économique. Le groupe met en avant les différences entre les statuts de travail dans la distribution en Belgique. Les règles salariales, les commissions paritaires et les conditions d’emploi varient fortement d’un acteur à l’autre, ce qui rend la concurrence inégale selon la direction.

Selon Stefan Goethaert, ouvrir le dimanche nécessiterait une refonte importante du modèle social et salarial actuel, ce qui n’est pas envisagé à court terme, rapporte RTL.

Un impact sur la compétitivité du groupe

La direction reconnaît néanmoins une pression croissante sur sa position sur le marché belge. L’allongement des horaires d’ouverture chez les concurrents et la généralisation des ouvertures dominicales modifient les habitudes d’achat des consommateurs. Colruyt estime toutefois que la part de marché classique ne reflète pas totalement son poids réel dans la consommation.

Le groupe met en avant une vision plus large, incluant le commerce de gros, les services à l’horeca et les plats préparés, qu’il regroupe sous la notion de « share of stomach ».  Malgré la pression concurrentielle, Colruyt maintient donc sa position. Le groupe privilégie la stabilité de son modèle plutôt qu’une adaptation rapide aux nouveaux rythmes de consommation. Une stratégie qui divise, mais que la direction assume pleinement dans un marché en mutation.

Laisser un commentaire

Share to...