Jusqu’à 42,3 °C dans les bus : la RATP mise en demeure par l’inspection du travail

Les chauffeurs de bus de la RATP menacés par la hausse des températures. L’Inspection du travail met la société de transport en demeure

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Jusqu’à 42,3 °C dans les bus : la RATP mise en demeure par l'inspection du travail - Crédit : © CYRIL BADET/Île-de-France Mobilités

Plus de 40 °C au niveau du poste de conduite et presque 39 °C jusque dans une salle de repos. En pleine période de fortes chaleurs, les conditions de travail de certains conducteurs de bus de la RATP inquiètent désormais officiellement l’Inspection du travail.

Après plusieurs relevés réalisés dans le Val-de-Marne, l’organisme a adressé une mise en demeure à la régie parisienne, sommée de prendre rapidement des mesures pour mieux protéger ses salariés. Une situation qui soulève aussi la question de la sécurité des voyageurs.

Jusqu’à 42,3 °C au niveau du volant

Les chiffres relevés sont particulièrement élevés. Dans un bus de la ligne 180, qui dessert notamment plusieurs communes du Val-de-Marne, l’Inspection du travail a mesuré une température atteignant 42,3 °C au niveau du volant. L’air envoyé par le système de ventilation était lui-même mesuré à 38,3 °C.

Autrement dit, même le dispositif censé apporter un peu de fraîcheur ne permettait pas au conducteur de bénéficier de conditions réellement plus supportables. Les relevés cités dans le dossier dépassaient tous les 38 °C.

Et une fois le trajet terminé, difficile de trouver du répit. Au terminus de Charenton-Écoles, une salle destinée au repos des agents est montée jusqu’à 39,1 °C aux alentours de 16 heures. Les chauffeurs pouvaient ainsi passer d’un habitacle surchauffé à un local presque aussi chaud, sans véritable possibilité de récupérer entre deux services.

Cette situation avait déjà été dénoncée par plusieurs organisations syndicales, qui alertent depuis plusieurs semaines sur les conséquences des épisodes caniculaires pour les conducteurs.

La RATP sommée de présenter un plan d’action

L’Inspection du travail a finalement décidé d’intervenir. Dans un courrier daté du 10 juillet 2026, la RATP a été mise en demeure d’élaborer rapidement un plan d’action visant à améliorer les conditions de conduite, mais également les conditions de repos de ses salariés.

L’enjeu ne se limite pas au confort des chauffeurs de la RATP. Une exposition prolongée à une chaleur très importante peut favoriser la fatigue et diminuer la vigilance. Pour un salarié chargé de conduire un véhicule transportant parfois plusieurs dizaines de personnes au milieu de la circulation, les syndicats considèrent donc la situation comme un véritable sujet de sécurité.

C’est précisément ce que souligne Force ouvrière. Le syndicat redoute les conséquences qu’aurait un malaise d’un conducteur en pleine circulation et réclame des réponses concrètes pour les véhicules dépourvus d’un système de refroidissement suffisamment efficace.

Les épisodes de forte chaleur mettent les transports sous pression

L’affaire intervient alors que les transports franciliens doivent s’adapter à des épisodes de chaleur de plus en plus difficiles à gérer. Les bus sont particulièrement exposés : ils circulent en surface, restent parfois immobilisés dans les embouteillages et peuvent accumuler rapidement la chaleur lorsque les températures extérieures s’envolent.

Le problème ne concerne d’ailleurs pas uniquement les conducteurs de la RATP. Les voyageurs peuvent eux aussi être confrontés à des températures élevées dans les véhicules lorsque les équipements de refroidissement sont absents, insuffisants ou défaillants.

La mise en demeure adressée à la RATP marque donc une nouvelle étape. L’Inspection du travail ne se contente plus de constater des températures particulièrement élevées : elle demande désormais à l’entreprise de mettre en place des réponses rapides pour protéger les agents.

Alors que les vagues de chaleur se multiplient, la question dépasse le seul épisode actuel. Pour la RATP comme pour les autres opérateurs de transport, adapter les véhicules et les espaces de repos aux fortes températures devient progressivement un enjeu durable de santé au travail et de sécurité des passagers.

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