Loyers à Paris : le nombre de propriétaires qui dépassent les plafonds explose

L’encadrement des loyers montre des signes de faiblesse, avec une hausse des dépassements observée dans plusieurs villes françaises.

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Loyers à Paris : le nombre de propriétaires qui dépassent les plafonds explose - Crédit : Canva Pro | Econostrum.info

À Paris, l’encadrement des loyers perd du terrain. Près d’un bailleur sur deux dépasse désormais les plafonds fixés par la loi dans la capitale, un niveau qui n’avait jamais été observé auparavant.

Dans son 6e baromètre consacré à l’encadrement des loyers, la Fondation pour le logement fait un constat alarmant. Sur plus de 10 000 annonces analysées entre août 2025 et août 2026, 37 % d’entre elles affichent un loyer supérieur au plafond autorisé dans les communes concernées. Cela représente 5 points de plus qu’en 2025 et 9 points de plus qu’en 2024. Le dispositif, appliqué dans près de 70 communes, est donc de moins en moins respecté de manière uniforme selon les territoires.

Dans la capitale, le nombre de dépassements bondit en un an

En un an, la part des bailleurs qui dépassent les plafonds est passée de 31 % à 46 % à Paris. La Fondation pour le logement qualifie cette progression d’« inédite ». Malgré les actions menées par la Ville de Paris pour contrôler les annonces et sanctionner les propriétaires qui ne respectent pas les règles, les dépassements dépassent un cap inédit, et plusieurs facteurs sont derrière cette situation.

Par exemple, la remontée des taux d’intérêt a complétement modifié le comportement de certains propriétaires. Au même temps, que le développement des logements vacants ou occupés de manière occasionnelle réduit l’offre disponible pour les locations classiques. La Fondation souligne également le climat d’incertitude autour de l’avenir du dispositif. Car oui, l’encadrement des loyers doit prendre fin en novembre si aucune loi n’est adoptée pour le prolonger.

« On peut aussi penser que, au cours d’une année mouvementée marquée par la fin annoncée de l’encadrement et les contentieux en justice, certains bailleurs récalcitrants ont pu se sentir autorisés à déroger aux plafonds de loyer », analyse la Fondation, citée par BFMTV. L’organisme pointe également du doigt les dérives liées au complément de loyer. Ce mécanisme, autorisé dans certaines situations, serait parfois utilisé pour contourner les plafonds légaux. 

Des situations très différentes selon les villes

La hausse des dépassements ne concerne pas uniquement Paris. En banlieue, la situation reste tendue à Est Ensemble, où 36 % des annonces dépassent les plafonds, et à Plaine-Commune, avec un taux qui atteint les 61 %. À l’inverse, certaines métropoles régionales enregistrent un net recul de ces dépassements, c’est notamment le cas de Montpellier, Bordeaux, Lille et Lyon-Villeurbanne. Les logements meublés et les petites surfaces restent les plus concernés par les dépassements.

Les biens classés G au diagnostic de performance énergétique affichent aussi davantage d’écarts, avec 36 % d’annonces hors plafond. Le montant moyen des dépassements recule malgré tout. Il est passé de 191 euros à 159 euros. Pour Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement, la question ne se limite pas à prolonger le dispositif. « Au-delà de l’enjeu essentiel de la pérennisation du dispositif, il est impératif de faire respecter son application », estime-t-il.

 

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