Face à la flambée des prix des carburants, le gouvernement a décidé d’agir. Pour épauler les automobilistes durant cette crise, un élargissement de plusieurs aides déjà en place a été annoncé ce mercredi.
La première mesure concerne l’aide de 100 euros destinée aux conducteurs les plus exposés, celle-ci vient donc d’être élargie. Désormais, le nouveau dispositif représente une enveloppe d’environ 450 millions d’euros. Cette aide doit à présent concerner jusqu’à 5,5 millions de Français, contre environ 3 millions lors de la précédente aide. Avec cette initiative, l’exécutif veut limiter l’impact de la hausse des prix de l’essence et du gazole sur un nombre plus importants de ménages.
En plus des particuliers, plusieurs secteurs professionnels alertent également sur la hausse de leurs coûts, notamment ceux qui dépendent fortement de la voiture pour exercer leur activité. « Nous entendons les inquiétudes des Françaises et des Français, qui s’expriment parfois sous la forme d’une colère. Ces inquiétudes et cette colère sont sincères et nous devons y répondre, et c’est ce que nous faisons aujourd’hui », a déclaré Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances.
Une aide élargie avec un plafond de revenus relevé
Le gouvernement a décidé d’élargir les conditions d’accès à cette aide. Jusqu’ici, le dispositif concernait les conducteurs dont les revenus ne dépassaient pas 1 508 euros net par mois. Ce plafond passe désormais à 2 035 euros net mensuels. Les personnes qui avaient déjà bénéficié du précédent versement pourront également recevoir cette nouvelle aide, souligne Franceinfo.
Selon Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l’Énergie et porte-parole du gouvernement, le montant de 100 euros correspond à « l’équivalent de 40 centimes par litre de carburant pour trois mois en moyenne, soit une indemnité totale versée de 100 euros ». Elle a également précisé : « Au total, c’est donc 5,5 millions de Français qui seront éligibles à cette nouvelle aide de 100 euros, contre 3 millions de Français pour la précédente ».
Le dispositif vise principalement les personnes qui parcourent beaucoup de kilomètres pour leur activité professionnelle. Les aides à domicile et les infirmières libérales font notamment partie des publics concernés. Pour certains bénéficiaires, cette aide représente un soutien direct face à l’augmentation des dépenses. Laëtitia Tonnoir, auxiliaire de vie parcourant environ 350 kilomètres chaque semaine, explique : « Pour moi, ça représente une semaine. En gros, je mets 100 euros ou un peu plus de 100 euros par semaine. Ça reste quand même une bonne nouvelle parce qu’il vaut mieux ça et surtout de nous aider, c’est primordial ».
Des aides ciblées plutôt qu’une baisse générale des taxes sur les carburants
En parallèle de cette aide aux automobilistes, le gouvernement maintient des dispositifs destinés à certains secteurs particulièrement touchés par la hausse des coûts de carburant. Les pêcheurs, les agriculteurs ou encore les professionnels du BTP bénéficient de mesures spécifiques. L’exécutif refuse en revanche une baisse générale des taxes sur les carburants. Cette option est jugée trop coûteuse pour les finances publiques.
Certains professionnels estiment néanmoins que les mesures annoncées restent insuffisantes. Les taxis et les auto-écoles figurent parmi les secteurs qui demandent davantage de soutien face à l’évolution de leurs charges. « Un plein à 45 ou 50 euros, aujourd’hui, vous le payez à 81 ou 82 euros. Ce n’est pas de l’argent qu’on va récupérer sur une prestation », explique Mouhssine Berrada, président de l’Union nationale des taxis parisiens (UNTP).








