Tabac : plus de 9 500 décès chaque année malgré le recul du nombre de fumeurs en Belgique

Malgré une baisse du nombre de fumeurs, le tabac continue de peser lourdement sur la santé publique et les dépenses de soins en Belgique.

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Tabac : plus de 9 500 décès chaque année malgré le recul du nombre de fumeurs en Belgique. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Le tabac continue de représenter un enjeu majeur de santé publique en Belgique. Malgré une baisse progressive du nombre de fumeurs au cours des dernières années, ses conséquences restent considérables. À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, Sciensano rappelle que le tabagisme demeure l’une des principales causes de décès évitables dans le pays.

Selon les données publiées par Sciensano, plus de 9 500 décès sont liés chaque année à la consommation de tabac en Belgique. Cela représente plus d’un décès par heure à l’échelle du pays. Malgré les progrès réalisés ces dernières années, le tabac continue donc d’avoir des conséquences importantes sur la santé de la population.

L’institut souligne que le tabagisme est responsable d’environ 8 % de l’ensemble des décès enregistrés en Belgique. Il contribue notamment au développement de nombreux cancers, de maladies cardiovasculaires ainsi que de pathologies respiratoires chroniques qui figurent parmi les principales causes de mortalité.

Le nombre de fumeurs continue de diminuer

Les chiffres montrent néanmoins une évolution favorable de la consommation de tabac. En 2018, 15,4 % des personnes âgées de plus de 15 ans déclaraient fumer quotidiennement. Lors de l’enquête réalisée en 2023-2024, cette proportion était descendue à 12,8 %. Cette baisse traduit une diminution progressive du tabagisme dans la population belge.

Sciensano estime toutefois que le rythme actuel reste insuffisant pour atteindre l’objectif fixé par les autorités, qui souhaitent parvenir à une génération sans tabac d’ici 2040.

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Crédit : Econostrum

 

Un coût important pour les soins de santé

Au-delà des conséquences sanitaires, le tabagisme représente également une charge financière importante. Une étude réalisée en 2018 estimait à 533 millions d’euros les dépenses de soins de santé liées au tabagisme quotidien en Belgique. Ces coûts sont principalement associés à la prise en charge des maladies provoquées ou aggravées par la consommation de tabac.

Ils concernent notamment les traitements médicaux, les hospitalisations et le suivi de patients atteints de pathologies liées au tabagisme.

L’usage du tabac varie selon les régions et le niveau d’études

Sciensano souligne également que l’usage du tabac ne touche pas toutes les catégories de population de la même manière. Les hommes vivant à Bruxelles et en Wallonie figurent parmi les groupes les plus concernés par le tabagisme. L’institut constate aussi une prévalence plus élevée chez les personnes les moins diplômées.

Ces différences mettent en évidence des inégalités sociales importantes face aux risques liés à la consommation de tabac et aux difficultés rencontrées pour arrêter de fumer. Les habitudes de consommation évoluent également, en particulier chez les plus jeunes. Sciensano observe qu’une partie de la baisse du tabagisme traditionnel pourrait s’expliquer par une utilisation plus fréquente des produits à base de nicotine, notamment les cigarettes électroniques.

Selon l’institut, cette évolution mérite une attention particulière. Les experts estiment que la lutte contre le tabagisme doit prendre en compte l’ensemble des produits contenant de la nicotine afin d’éviter le déplacement du problème vers d’autres formes de consommation.

Des mesures jugées efficaces mais encore perfectibles

Sciensano rappelle que plusieurs politiques publiques ont déjà montré leur efficacité pour réduire la consommation de tabac. Les mesures qui limitent la visibilité des produits, restreignent leur accessibilité ou augmentent leur prix figurent parmi les outils les plus efficaces.

L’institut estime néanmoins que certains dispositifs pourraient être renforcés. Parmi les pistes évoquées figurent un meilleur accompagnement des fumeurs souhaitant arrêter, un accès facilité aux aides au sevrage et une formation renforcée des professionnels de santé. Selon une étude flamande publiée en 2025, 77,8 % de la population soutient les campagnes de lutte contre le tabagisme.

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