Les arnaques bancaires continuent de se multiplier et deviennent de plus en plus ingénieuses. Une nouvelle technique utilisée par les escrocs permet de contourner une règle récemment mise en place pour sécuriser les virements bancaires dans la zone euro. Les autorités appellent à la vigilance face à cette évolution des pratiques frauduleuses.
Depuis octobre 2025, les banques belges et européennes doivent vérifier, lors d’un virement bancaire, si le numéro de compte (IBAN) correspond bien au nom du bénéficiaire. Concrètement, si le nom est correct, un symbole vert apparaît dans l’application bancaire. Dans le cas contraire, la banque avertit l’utilisateur que le nom ne correspond pas au compte encodé. L’utilisateur peut alors soit confirmer le virement, soit annuler et vérifier les données.
Cette mesure a été mise en place pour prévenir les fraudes sur les virements, notamment lorsque des escrocs interceptent des documents ou messages pour remplacer le compte du bénéficiaire par le leur. Elle vise à protéger les entreprises, institutions et particuliers contre le vol d’argent.
Une faille touchant les virements bancaires exploitée par les escrocs
Cependant, en quelques mois seulement, des fraudeurs ont trouvé un moyen de contourner ce contrôle, comme le révèle le journal De Tijd. Les escrocs ont remarqué que les paiements par carte bancaire ne sont pas soumis à cette vérification du nom lié à l’IBAN. Ils incitent donc leurs victimes à payer par carte plutôt que par virement, en invoquant un problème avec leur application bancaire ou une urgence à procéder au paiement. Cette méthode ne représente pas de différence notable pour la victime, mais permet aux escrocs de passer outre la sécurité instaurée pour les virements.
Cette évolution rappelle que les fraudeurs s’adaptent rapidement aux mesures de sécurité. Les consommateurs et entreprises doivent rester prudents lors de tout règlement, que ce soit pour un achat en ligne ou une facture. Il est conseillé de vérifier systématiquement les informations du bénéficiaire, de privilégier les canaux sécurisés et, en cas de doute, de contacter directement la banque ou le SPF Finances pour signaler toute tentative suspecte.
Une arnaque en forte augmentation
Le Centre pour la cybersécurité en Belgique (CCB) signalait récemment que plus de 40 000 cas de phishing sont recensés chaque jour en 2026, soit une augmentation de 50 % en un an. Cette tendance illustre l’ampleur des menaces et la nécessité pour chacun de rester vigilant et informé face aux nouvelles techniques utilisées par les escrocs.
La prudence reste donc de mise : même les mesures de sécurité récentes peuvent être contournées, et la vigilance des utilisateurs demeure la première ligne de défense contre la fraude bancaire.








