Le système des titres-services wallons va faire l’objet d’une réforme majeure. Face à la hausse des coûts, au vieillissement des effectifs et à la pénurie de personnel, le ministre de l’Emploi, Pierre-Yves Jeholet (MR), présentera mardi prochain en commission du parlement wallon les premiers éléments de réflexion. L’objectif est clair : rendre le secteur plus accessible, attractif et économiquement durable tout en protégeant l’emploi.
Le rapport commandé à Idea Consult montre que le secteur des titres-services traverse une période difficile. Le coût réel d’un titre s’élève à 30,55 euros, alors que la valeur faciale n’est que de 10,40 euros pour les 175 premiers titres. La Région prend en charge 20,15 euros par titre, ce qui a entraîné une augmentation de la dépense publique de 430 à 595 millions d’euros entre 2016 et 2024.
Malgré la déductibilité fiscale partielle, le prix atteint un seuil critique : 38 % des utilisateurs ayant renoncé aux services évoquent le coût comme raison principale. Le risque est double : certains consommateurs pourraient se tourner vers le travail non déclaré, compromettant les droits sociaux des employées.

Des effectifs vieillissants et des métiers exigeants
Le secteur emploie 44.680 salariées, majoritairement à temps partiel (17 heures par semaine en moyenne). La pénibilité du métier et l’âge moyen élevé des travailleuses compliquent le renouvellement des effectifs. 33,3 % des salariées ont plus de 50 ans, contre 25,4 % en 2016. Cette évolution se traduit par des problèmes de santé et un absentéisme important : 13,5 % des travailleuses sont en incapacité longue durée, et l’absentéisme court terme atteint 16,3 %. Ces chiffres illustrent les difficultés du secteur à rester attractif pour de nouvelles recrues.
Un secteur mixte et hétérogène
Parmi les sociétés agréées, 66,8 % sont privées, fournissant 75,5 % de l’emploi, tandis que le reste relève de l’économie sociale ou publique. Certaines structures d’insertion socioprofessionnelle bénéficient d’aides complémentaires, ce qui complique la rentabilité globale et la gestion financière du secteur. La réforme devra prendre en compte cette diversité pour assurer la stabilité économique et sociale du système.
Objectifs de la réforme des titres-services
Pierre-Yves Jeholet entend finaliser la réforme avant les vacances d’été et la mettre en œuvre dès 2026. Les priorités sont claires : améliorer l’attractivité des métiers, garantir la viabilité économique du système et préserver l’accessibilité pour les utilisateurs, tout en sécurisant l’emploi et les droits sociaux des travailleuses. Le ministre insiste sur la transparence et la concertation, promettant un débat en commission « sans tabou ».








