Bien que le nombre de femmes en emploi en Belgique ait augmenté ces dernières années, la progression reste plus lente que chez ses voisins européens. Pourquoi ce retard ? Et quelles solutions pour y remédier ?
Le taux d’emploi des femmes en Belgique a effectivement progressé ces dernières années, mais cette augmentation n’est pas aussi rapide que celle observée chez ses voisins européens. En 2015, le taux d’emploi des femmes en Belgique était de 63 %, égal à la moyenne européenne. En 2025, alors que la moyenne européenne atteint 71 %, la Belgique plafonne à 69 %.
Stijn Baert, professeur d’économie du travail à l’Université de Gand, souligne que la Belgique perd du terrain, notamment par rapport aux pays voisins comme les Pays-Bas, rapporte VRT. « Nous étions déjà en retard en ce qui concerne l’emploi des hommes, mais grâce aux femmes, nous parvenions à rester dans la moyenne européenne. Aujourd’hui, le retard devient significatif« , explique Baert.
Une fiscalité et des avantages désavantageux pour les femmes
Un des principaux facteurs expliquant cette situation est la fiscalité élevée sur les salaires. En Belgique, une femme seule ou avec enfants qui travaille à temps partiel perd souvent une partie importante de ses avantages fiscaux, contrairement aux Pays-Bas, où travailler, même une heure, est immédiatement rentable. En Belgique, cette situation dissuade certaines femmes de travailler davantage, ou de revenir sur le marché du travail après une période d’inactivité.
Un autre élément central qui freine la carrière des femmes est l’arrivée des enfants. Les responsabilités familiales reposent principalement sur les femmes, ce qui conduit de nombreuses femmes à ralentir leur carrière ou à passer à des emplois à temps partiel après la naissance de leurs enfants. « Les carrières des hommes et des femmes évoluent parallèlement, jusqu’à ce que des enfants entrent en jeu« , précise Baert. À ce moment-là, les femmes ralentissent souvent leur carrière, tandis que les pères sont moins impliqués dans la gestion de la famille.
Le crédit familial ou « sac à dos » : une solution inspirée des pays scandinaves
Pour pallier cette inégalité, plusieurs experts suggèrent l’introduction d’un système de crédit familial, qui regrouperait les congés maternité, paternité et parental dans un seul système. Ce modèle scandinave permettrait une plus grande répartition des responsabilités familiales entre les parents, offrant ainsi plus de flexibilité et permettant aux femmes de rester actives sur le marché du travail tout en prenant soin de leurs enfants.
Le gouvernement belge examine actuellement la mise en place de cette réforme. Stijn Baert espère que cette réforme verra rapidement le jour pour encourager une répartition plus égalitaire des responsabilités familiales.
Le manque de places en crèche : un obstacle supplémentaire
En Belgique, le manque de places dans les crèches reste également un obstacle majeur pour les femmes qui souhaitent reprendre le travail après avoir eu des enfants. Baert cite des études comparatives avec les pays scandinaves, où des solutions de garde d’enfants plus accessibles existent.
Une solution envisagée pourrait être d’adapter les horaires de travail en fonction des horaires des structures de garde ou même d’offrir des systèmes de garde en entreprise, financés par les employeurs. Cela pourrait considérablement réduire les obstacles pour les femmes avec enfants et améliorer leur accès au marché du travail.








