Prix du pétrole : la baisse annoncée pourrait être plus fragile que prévu

Les experts voient le baril de Brent refluer d’ici la fin de l’année, mais le marché reste suspendu à une escalade au Proche-Orient.

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Prix du pétrole : la baisse annoncée pourrait être plus fragile que prévu : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

Le pétrole reste pris dans un mouvement de yo-yo. Après l’escalade militaire autour de l’Iran, le prix du Brent avait brutalement grimpé, avant de retomber début juillet vers ses niveaux d’avant-crise.

Mais l’accalmie n’a pas vraiment tenu. Jeudi 16 juillet, Reuters indiquait que le Brent évoluait encore près de ses plus hauts depuis la mi-juin, autour de 84,76 dollars le baril, dans un marché toujours nerveux face aux tensions au Proche-Orient.

Un marché toujours dépendant du détroit d’Ormuz

La question centrale n’est pas seulement de savoir si le pétrole va monter ou baisser. Elle est surtout de savoir si les flux énergétiques du golfe Persique pourront se normaliser. Le détroit d’Ormuz reste l’un des points de passage les plus sensibles du commerce mondial du pétrole. À chaque nouvelle tension militaire, les opérateurs redoutent une perturbation des exportations, une hausse des coûts d’assurance et une raréfaction temporaire de l’offre disponible.

C’est ce qui explique la volatilité actuelle. Quand les signes d’apaisement se multiplient, les prix reculent rapidement. Mais dès que le conflit reprend de l’intensité, le marché réagit presque aussitôt. Reuters rapporte que le passage de navires par Ormuz a fortement ralenti après la reprise du blocus américain visant l’Iran, ce qui entretient la crainte de perturbations plus larges sur les routes pétrolières.

Pour l’instant, le scénario de base de plusieurs analystes reste celui d’un reflux progressif. Les experts de la banque ING, autour du stratège Warren Patterson, estiment que le Brent pourrait revenir à 80 dollars au troisième trimestre 2026, puis à 74 dollars au quatrième trimestre, avant de se rapprocher de 70 dollars l’an prochain. Cette prévision repose toutefois sur une condition majeure : l’absence de nouvelle perturbation importante dans le détroit d’Ormuz.

C’est là que le pronostic devient fragile. ING reconnaît elle-même que cette hypothèse pourrait être trop optimiste si les attaques entre les États-Unis et l’Iran se poursuivent. Dans un scénario plus tendu, les spécialistes de la banque jugent possible un retour du Brent vers 100 dollars le baril au troisième trimestre. Le marché ne manque donc pas de pétrole uniquement à cause de la demande, mais aussi à cause de la peur de ne plus pouvoir le transporter normalement.

La Chine peut encore changer l’équation

L’autre grande inconnue vient de la Chine. Pékin reste l’un des plus gros consommateurs de pétrole au monde, et son comportement peut modifier rapidement l’équilibre du marché. Si la Chine augmente ses importations aux prix actuels, cela peut signaler un besoin urgent de reconstituer ses stocks énergétiques. Une telle décision soutiendrait mécaniquement les cours, car elle ajouterait de la demande dans un marché déjà tendu.

À l’inverse, si les acheteurs chinois restent prudents, les prix pourraient perdre de l’élan. Selon l’analyse citée par cash.ch et relayée par Blick, Robin Haworth, analyste chez Lombard Odier, estime que le comportement de la Chine sera déterminant. Une reprise des achats donnerait un appui aux prix, tandis qu’une position d’attente favoriserait leur recul.

Le pétrole ne concerne pas seulement les marchés de matières premières. Son prix influence aussi l’inflation, notamment à travers les carburants, le transport et certains coûts industriels. Si le baril repart fortement à la hausse, les banques centrales pourraient hésiter davantage à assouplir leur politique monétaire. Un pétrole durablement cher complique en effet le retour de l’inflation vers l’objectif de 2%.

Pour les prochains mois, le scénario le plus probable reste donc celui d’un pétrole moins cher qu’au pic de crise, mais encore très sensible aux nouvelles militaires. Le Brent pourrait se rapprocher de 70 à 80 dollars si les flux se normalisent et si la Chine reste prudente. Mais au moindre blocage durable dans le golfe Persique, la barre des 100 dollars pourrait rapidement redevenir crédible.

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