Le baril de Brent a franchi la barre des 108 dollars, entraînant une nouvelle hausse des prix des carburants. Selon les données du Touring Club Suisse (TCS), le litre d’essence sans plomb 95 coûte actuellement en moyenne 2,05 francs, tandis que le diesel atteint 2,30 francs le litre.
Pour un véhicule équipé d’un réservoir de 50 litres, la facture dépasse désormais les 100 francs pour un plein d’essence. Du côté du diesel, le niveau actuel se rapproche dangereusement du sommet atteint après le début de la guerre en Ukraine. En 2022, le litre d’essence sans plomb 95 avait atteint un record de 2,31 francs, alors que le diesel avait culminé à 2,40 francs. Le nouveau record pourrait donc tomber prochainement.
Le diesel particulièrement touché par la flambée des prix
Les conducteurs de véhicules diesel sont les premiers à subir cette nouvelle hausse. Contrairement à l’essence, utilisée principalement pour les voitures particulières, le diesel joue un rôle central dans de nombreux secteurs économiques.
«Le diesel a de nombreuses applications dans l’agriculture, la construction et le transport de marchandises. Dans certains pays, il est également utilisé pour la production d’électricité», expliquait Marco Wölfli, porte-parole du TCS, cité par Blick.
Cette demande plus large rend le diesel particulièrement sensible aux tensions internationales. Les marchés anticipent déjà de nouvelles hausses dans les prochains jours.
«Cela signifie que le diesel va probablement coûter quelques centimes de plus cette semaine», estime Marco Wölfli. Pour l’essence, la situation est moins tendue sur les marchés, mais une progression des prix reste possible.
Le mazout grimpe aussi avant l’hiver
La hausse ne concerne pas uniquement les automobilistes. Le prix du mazout repart également à la hausse, ce qui inquiète les ménages qui chauffent encore leur logement avec cette énergie.
Vendredi, 100 litres de mazout coûtaient en moyenne près de 160 francs. Certains propriétaires hésitent toutefois à commander, espérant une baisse prochaine des prix.
Mais cette stratégie reste risquée. L’évolution dépend largement de la situation géopolitique et des tensions sur les marchés internationaux.
Le diesel et le mazout étant des produits proches, leurs prix évoluent souvent dans la même direction. Une nouvelle dégradation de la situation au Moyen-Orient pourrait donc encore alourdir la facture énergétique des ménages suisses.
Le détroit de Bab el-Mandeb sous surveillance
Les inquiétudes se concentrent notamment autour des routes maritimes stratégiques. Les tensions impliquant l’Iran et les milices houthies en mer Rouge font peser une menace sur le transport mondial d’hydrocarbures.
Le détroit de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden, est particulièrement surveillé. Environ 12% du commerce maritime mondial transite par cette zone reliant l’Asie à la Méditerranée.
Une perturbation prolongée de ces routes pourrait maintenir la pression sur les prix du pétrole et des carburants.
Pour Marco Wölfli, plusieurs facteurs pourraient toutefois limiter la flambée. Une augmentation de la production d’autres pays producteurs, la mise en place de nouvelles routes de transport ou une baisse de la demande mondiale.
Mais tant que les tensions géopolitiques resteront élevées, les automobilistes suisses devront composer avec une réalité peu réjouissante. Faire le plein coûte à nouveau beaucoup plus cher.








