Les automobilistes suisses n’avaient jamais payé leur diesel aussi cher. Le prix moyen du litre a atteint un nouveau record historique à 2,41 francs, dépassant le précédent sommet enregistré en 2022 lors de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine.
Le Touring Club Suisse (TCS) a confirmé cette nouvelle hausse vendredi matin. En seulement une semaine, le prix moyen du diesel a progressé de 11 centimes par litre, un bond qui alourdit encore davantage la facture des conducteurs.
Dans certaines stations-service, les tarifs dépassent déjà largement cette moyenne. À Winterthour (ZH), une station Shell affichait ainsi un litre de diesel à 2,52 francs, tandis qu’à Altdorf (UR), il atteignait 2,47 francs.
Le record de 2022 est officiellement battu
Jusqu’ici, le sommet historique remontait à 2022, lorsque le litre de diesel avait atteint 2,40 francs après le début de la guerre en Ukraine et les fortes tensions sur les marchés de l’énergie.
Cette fois, plusieurs facteurs se combinent pour pousser les prix vers de nouveaux records. La guerre au Moyen-Orient, les perturbations des flux pétroliers et les tensions sur l’offre mondiale de diesel exercent une pression importante sur les marchés.
Le prix de l’essence sans plomb 95 suit également cette tendance. Il atteint désormais 2,10 francs le litre, après une hausse de cinq centimes en une semaine. Il reste toutefois encore éloigné de son record absolu de 2,31 francs enregistré en 2022.
Le pétrole sous pression entre Iran, Ukraine et tensions logistiques
Selon le rapport du TCS, la situation internationale joue un rôle majeur dans cette flambée. La guerre en Iran et les perturbations des transports pétroliers au Proche-Orient compliquent l’approvisionnement mondial.
À cela s’ajoutent les conséquences de la guerre en Ukraine. Une partie importante des exportations russes de diesel et d’essence a disparu du marché, ce qui contribue à maintenir une forte tension sur l’offre.
La Suisse doit également gérer des difficultés internes. La raffinerie de Cressier (NE), qui fournit environ 30% des besoins suisses en produits pétroliers, a temporairement interrompu sa production à la suite d’un problème technique.
Face à cette situation, la Confédération a autorisé début septembre le recours aux réserves obligatoires, avec le prélèvement possible de 30’000 mètres cubes d’essence et 30’000 mètres cubes de diesel.
Le Rhin ajoute une nouvelle pression sur les prix
La logistique complique encore la situation. Le faible niveau du Rhin limite la capacité des bateaux transportant des marchandises et des carburants vers la Suisse.
Selon le TCS, les coûts de transport entre Rotterdam et Bâle dépassent désormais 220 francs par tonne, alors qu’ils se situent habituellement entre 22 et 28 francs. Cette hausse représente à elle seule environ 15 centimes supplémentaires par litre à la pompe.
Malgré cette accumulation de difficultés, l’approvisionnement du pays reste assuré. Mais pour les conducteurs, la conséquence est immédiate. Chaque passage à la station-service coûte désormais plus cher, avec un diesel qui vient d’entrer dans l’histoire pour une mauvaise raison.








