Le litre de diesel coûte actuellement 2,46 francs en moyenne en Suisse, selon les données du Touring Club Suisse (TCS). Dans plusieurs stations-service, le prix dépasse même la barre des 2,50 francs, accentuant l’écart avec l’essence sans plomb 95, affichée autour de 2,14 francs le litre.
Cette envolée ne concerne toutefois pas uniquement le gazole. Un risque de tension sur l’offre d’essence pourrait provoquer une nouvelle hausse des prix en Europe d’ici 2027, alors que les raffineries adaptent leurs productions en fonction de la rentabilité des différents carburants.
Le diesel profite aux raffineries, mais l’essence pourrait manquer
La hausse actuelle du diesel s’explique notamment par les difficultés rencontrées par le secteur du raffinage. Selon un rapport de Goldman Sachs cité par Bloomberg, certaines raffineries privilégient davantage la production de diesel, jugé plus rentable, au détriment de l’essence.
Cette stratégie pourrait créer un déséquilibre sur le marché. «Le prix du diesel pourrait certes encore augmenter, mais l’essence est davantage sujette à une hausse des prix», rapporte Bloomberg sur la base de l’analyse de la banque d’investissement.
Les experts de Goldman Sachs anticipent ainsi «une hausse des prix de l’essence en Europe» à partir de la mi-2027. Une perspective qui inquiète alors que les capacités mondiales de raffinage se réduisent.
«Le manque de capacités de raffinage contribue également à la hausse des coûts», explique à Blick Olivier Fantino, directeur d’Avenergy Suisse. L’organisation, qui regroupe notamment Agrola, Migrol, Socar et Tamoil, rappelle que plusieurs raffineries européennes ont fermé ces dernières années, tandis que d’autres installations en Russie et au Moyen-Orient ont été touchées par des conflits.
Le spécialiste souligne toutefois que l’évolution des prix reste difficile à anticiper. Elle dépend largement de la situation géopolitique, notamment des tensions liées à la guerre en Iran et du conflit en Ukraine. Le baril de pétrole brut dépasse actuellement les 100 dollars sur les marchés, contre environ 60 dollars au début de l’année.
Les carburants suisses restent sous pression jusqu’en 2027
Face à la flambée des prix du pétrole, les Etats-Unis cherchent également à limiter les conséquences sur leur marché intérieur. Donald Trump a évoqué une possible interdiction des exportations américaines de diesel afin de contenir la hausse des prix aux Etats-Unis.
Une telle mesure rappellerait les restrictions appliquées durant la crise pétrolière des années 1970, lorsque Washington avait limité certaines exportations de pétrole brut pour soulager les consommateurs américains.
En Suisse, les prix des carburants ne dépendent pas uniquement du cours du pétrole. Les difficultés liées au transport des importations jouent également un rôle, notamment avec le faible niveau des eaux du Rhin qui complique l’acheminement des produits énergétiques.
Pour les automobilistes suisses, la période des carburants bon marché semble donc encore loin. Entre les tensions internationales, les capacités limitées des raffineries et les coûts logistiques, diesel et essence devraient rester à des niveaux élevés jusqu’à nouvel ordre.








