Une hausse de 170% sur le prix du gaz et des réserves en bas : la Suisse face à un scénario inquiétant pour cet hiver 

Le prix du gaz a bondi de 170% en un an et les stocks européens restent faibles. La Suisse se prépare à un hiver où froid intense et hausse des factures pourraient se cumuler.

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Une hausse de 170% sur le prix du gaz et des réserves en bas : la Suisse face à un scénario inquiétant pour cet hiver Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

L’hiver prochain pourrait peser lourdement sur le budget des foyers suisses chauffés au gaz. Le prix du gaz est actuellement environ 170% plus élevé qu’à la même période l’an dernier, tandis que les stocks européens affichent un niveau inférieur à celui observé avant le début de la guerre en Ukraine.

Les réserves de gaz de l’Union européenne sont actuellement remplies à 70,4%, soit près de 16 points de pourcentage sous la moyenne enregistrée habituellement à cette période. Bruxelles avait déjà revu à la baisse son objectif de stockage pour la fin octobre, ramené à 80%.

Mais même ce nouveau seuil pourrait ne pas être atteint. «Mais elle ne parviendra pas non plus à l’atteindre», estime Andreas Tresch, associé gérant chez Enerprice, une société spécialisée dans le secteur de l’énergie.

Un hiver froid pourrait changer complètement la situation

Pour la Suisse, la situation est suivie de près. Le gaz naturel reste essentiel pour l’industrie, mais aussi pour les particuliers : environ un quart des foyers suisses utilisent cette énergie pour se chauffer durant l’hiver.

Selon Andreas Tresch, le niveau actuel des stocks ne représente pas forcément un danger immédiat. «Si l’hiver est doux à normal en Europe, les faibles niveaux de stockage n’ont pas une grande incidence. Mais en cas d’hiver très rigoureux, nous aurons un problème», explique-t-il, selon Blick.

Les inquiétudes concernent notamment les périodes de grand froid, lorsque la consommation augmente brutalement. L’association allemande des exploitants de stockage de gaz alerte également sur un risque de pénurie si les températures chutent fortement en janvier ou février.

L’Allemagne, qui dispose des plus grandes capacités de stockage de l’Union européenne, n’a actuellement rempli ses réserves qu’à un peu plus de la moitié. Les autorités comptent notamment sur les importations de gaz naturel liquéfié, mais cette solution pourrait montrer ses limites lors des pics de consommation.

La Suisse prépare déjà ses plans d’urgence

L’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (AEP) estime que l’approvisionnement en gaz pour l’hiver s’annonce «difficile». Les autorités indiquent toutefois avoir pris plusieurs mesures pour limiter les risques, notamment grâce à une diversification des sources d’approvisionnement.

Un accord récent conclu entre le secteur gazier suisse et des négociants étrangers doit permettre, en cas de besoin, d’utiliser des volumes supplémentaires de gaz transitant entre la France et l’Italie via la Suisse. Ces volumes représentent environ un dixième de la consommation hivernale du pays.

Les fournisseurs suisses doivent également disposer de réserves équivalant à 15% de la consommation annuelle dans des installations situées à l’étranger. Mais Andreas Tresch rappelle qu’une question demeure. La disponibilité réelle de ces volumes en cas de forte tension sur le marché.

Les autorités disposent déjà de plusieurs niveaux de mesures d’urgence, allant des appels à réduire la consommation jusqu’aux restrictions d’utilisation et au contingentement.

Une nouvelle hausse des factures reste possible

Au-delà du risque de pénurie, c’est aussi la question du prix qui inquiète. Le marché du gaz reste très instable, notamment en raison des tensions géopolitiques qui perturbent les routes d’approvisionnement.

«Il pourrait bien y avoir des hausses de prix significatives», prévient Andreas Tresch. L’impact dépendra notamment de la stratégie d’achat des fournisseurs. Ceux qui achètent une grande partie de leur gaz à court terme sur le marché spot sont davantage exposés aux variations brutales des prix.

Certains ménages suisses se souviennent encore des hausses enregistrées en 2022 et 2023, lorsque des factures de chauffage avaient augmenté de plusieurs milliers de francs.

Les grands fournisseurs comme GVM, EWB, IWB et Energie360 expliquent toutefois acheter une partie importante de leurs volumes à l’avance afin de limiter les variations pour leurs clients. Une protection qui ne supprime pas totalement le risque, une partie du gaz restant liée aux prix du marché.

L’évolution des prochaines semaines dépendra largement de la météo européenne. Un hiver doux pourrait limiter les tensions, tandis qu’une vague de froid prolongée pourrait rapidement changer la situation.

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