Alors que les assurés serrent la ceinture, trois patrons de caisses maladie dépassent le million de francs 

Alors que les primes maladie augmenteront encore de 5% en 2027, trois dirigeants de grandes caisses suisses atteignent désormais des rémunérations proches ou supérieures au million de francs.

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Alors que les assurés serrent la ceinture, trois patrons de caisses maladie dépassent le million de francs : Crédit : 20min/Stevan Bukvic | Econostrum.info - Suisse

La nouvelle hausse des primes maladie relance un débat qui revient régulièrement en Suisse : celui des rémunérations à la tête des caisses d’assurance maladie. Alors que les assurés doivent encore absorber une facture plus lourde en 2027, plusieurs dirigeants des plus grands assureurs du pays affichent des revenus particulièrement élevés. 

Le Conseil national a d’ailleurs décidé de renforcer les règles sur les salaires des dirigeants des caisses et d’introduire davantage de transparence. Mais malgré ces nouvelles mesures, les rémunérations devraient continuer à progresser.

Trois dirigeants franchissent le cap du million

Selon une analyse des rapports de gestion réalisée par le magazine «Beobachter» et reprise par Blick, trois dirigeants parmi les dix plus grands assureurs maladie suisses perçoivent désormais une rémunération annuelle dépassant le million de francs.

Le record revient à Philomena Colatrella, ancienne directrice générale de CSS. Avant son départ fin 2025, sa rémunération a atteint 998’611 francs, soit le montant le plus élevé jamais enregistré pour un dirigeant d’une caisse maladie suisse.

Roman Sonderegger, directeur général d’Helsana, a connu la plus forte progression. Sa rémunération a augmenté d’environ 200’000 francs pour atteindre 996’029 francs.

De son côté, Andreas Schönenberger, CEO de Sanitas, reste également proche du million avec une rémunération de 982’506 francs.

Helsana justifie cette évolution par les performances de l’entreprise. Son porte-parole Tobias Lux explique que cette hausse est notamment liée à l’augmentation du nombre d’assurés et à la progression du chiffre d’affaires dans les assurances complémentaires.

Des salaires qui progressent depuis plusieurs années

La hausse des rémunérations des dirigeants de caisses maladie n’est pas récente. En 2017, un seul patron d’assureur dépassait les 700’000 francs de salaire annuel.

Aujourd’hui, sept des dix plus grandes caisses dépassent ce niveau de rémunération. À l’autre extrémité du classement, Caroline Meli, directrice générale d’Atupri, affiche le revenu le plus faible parmi les dix dirigeants étudiés, avec 349’476 francs.

Cette évolution provoque régulièrement des critiques politiques. Le conseiller aux États Baptiste Hurni (PS/NE) estime notamment que les primes de l’assurance obligatoire ne devraient pas contribuer au financement de rémunérations qu’il juge excessives.

Les partis bourgeois ont également soutenu l’idée d’un encadrement, ce qui a permis au Conseil national d’adopter un projet visant à limiter certains salaires.

Un plafonnement qui ne concernera pas tout le revenu

Le mécanisme adopté prévoit toutefois une limite uniquement pour la partie de la rémunération liée à l’assurance obligatoire des soins.

Les revenus provenant des assurances complémentaires ne seraient pas concernés par ce plafond. Cette distinction constitue le point central du compromis trouvé au Parlement.

Le projet prévoit que les caisses détaillent davantage la répartition des rémunérations dans leurs rapports annuels. Mais certains critiques estiment que ce système pourrait permettre de contourner facilement la limitation.

Une partie importante du salaire pourrait en effet être attribuée aux activités complémentaires, laissant la rémunération liée à l’assurance de base sous le seuil légal.

Le débat reste donc ouvert. Pour les défenseurs du plafonnement, il s’agit d’éviter que les primes des assurés servent indirectement à financer des salaires très élevés. Pour les assureurs, les rémunérations doivent rester alignées sur les responsabilités et les conditions du marché.

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