Primes maladie : les réserves des caisses atteignent 8,4 milliards alors que les assurés paieront plus en 2027

Les réserves des caisses maladie suisses atteignent 8,4 milliards de francs, alors que les primes devraient encore augmenter en 2027. Un paradoxe qui alimente la colère des assurés.

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Primes maladie : les réserves des caisses atteignent 8,4 milliards alors que les assurés paieront plus en 2027 - © Sutterstock

La hausse des primes maladie continue de peser sur les budgets suisses, mais un autre chiffre alimente désormais la polémique : celui des réserves accumulées par les assureurs. Selon les données de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), les réserves des caisses maladie ont atteint 8,4 milliards de francs depuis janvier 2026. Elles s’élevaient encore à 7,8 milliards début 2025 et à 7,3 milliards début 2024.

En seulement deux ans, elles ont donc progressé d’environ 1 milliard de francs, alors que les primes ont augmenté de manière importante : +8,7% en 2024, +6% en 2025 et +4,4% en 2026. Cette situation intervient alors que les primes devraient encore grimper en 2027, avec une hausse moyenne annoncée autour de 5%.

2,7 milliards de francs au-dessus du niveau nécessaire

Avec 8,4 milliards de réserves, les caisses disposent actuellement d’un montant supérieur aux exigences légales. Selon les chiffres relayés par Blick, environ 5,7 milliards suffiraient pour respecter les obligations de solvabilité.

Cela représente donc une marge supplémentaire d’environ 2,7 milliards de francs.

Le taux de solvabilité global du système atteint actuellement 149%. Pour certains élus et représentants des assurés, cette accumulation pose question. Les réserves ont justement pour objectif de pouvoir absorber les variations de coûts, mais aussi de limiter les hausses trop importantes de primes.

Mauro Poggia, président de l’Association suisse des assurés (ASSUAS), critique notamment le fonctionnement actuel du système. Selon lui, les assurés qui changent de caisse ne récupèrent pas leur part des réserves accumulées, tandis que les nouveaux assureurs doivent ensuite reconstituer ces montants.

Il estime que les caisses disposent d’un outil permettant de réduire les primes, mais qu’elles ne sont pas obligées de l’utiliser.

La gauche réclame davantage de contrôle

La question des réserves intervient dans un contexte déjà tendu autour du coût de l’assurance maladie. Plusieurs élus socialistes dénoncent un décalage entre la situation financière des assureurs et celle des ménages.

Pierre-Yves Maillard et Samuel Bendahan estiment notamment que les caisses disposent d’une marge de manœuvre trop importante alors que de nombreux assurés subissent une forte pression sur leur pouvoir d’achat.

Pour Samuel Bendahan, le problème vient d’une différence d’intérêts entre les assurés et les assureurs. Les premiers souhaiteraient voir ces excédents utilisés pour réduire leurs primes, tandis que les seconds peuvent conserver ces réserves pour garantir leur stabilité financière.

La gauche défend notamment davantage de mécanismes permettant de redistribuer une partie de ces excédents.

Les assureurs défendent leur stratégie

Du côté des assureurs, l’explication est différente. L’association prio.swiss souligne que l’augmentation récente des réserves provient principalement des performances des placements financiers.

Selon Christophe Kaempf, responsable de la communication de l’organisation, sur les 569 millions de francs d’excédents enregistrés en 2025, 511 millions proviennent des revenus du capital et seulement 58 millions de l’activité d’assurance elle-même.

Les assureurs rappellent également que les réserves servent avant tout à garantir la solvabilité du système et à absorber des variations imprévues des coûts de santé.

L’OFSP encourage toutefois les caisses disposant de réserves importantes à utiliser les moyens disponibles, notamment les revenus du capital, afin de limiter l’évolution des primes.

Selon prio.swiss, quinze assureurs ont annoncé vouloir utiliser une partie de ces instruments pour les primes 2027.

Le débat risque donc de rester vif dans les prochains mois : entre les assurés qui réclament un allègement immédiat de leurs factures et les assureurs qui défendent la nécessité de conserver un matelas financier suffisant.

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