En Suisse, le potentiel d’économies moyen calculé par Deloitte pour les adultes en 2027 atteint 702 francs par an, soit 58,50 francs par mois. Le montant varie selon la situation de chaque assuré, notamment sa région de primes, sa franchise et les offres disponibles.
La somme peut donner envie de comparer. Dans les sondages, entre 25 et 33 % des assurés envisagent généralement de changer de caisse. Pourtant, seuls 7,5 % l’ont fait l’année dernière. Entre l’intention de payer moins cher et le départ effectif, plusieurs obstacles apparaissent.
Des économies parfois moins importantes que prévu
Comparer demande du temps. Il faut examiner les tarifs, vérifier le modèle proposé et regarder la franchise. Certains assurés découvrent alors que l’écart de prix est moins intéressant qu’ils ne l’imaginaient. D’autres renoncent devant les démarches à effectuer.
Le gain dépend aussi du chemin déjà parcouru. Les économies les plus importantes se font généralement lors du premier changement de caisse. Pour les suivants, le montant moyen atteint environ 320 francs par an, d’après le rapport d’Axa. Les différences restent importantes selon la région et l’assureur.
Quand le budget serré rend le changement plus difficile
Les personnes aux revenus les plus faibles sont celles qui changent le moins souvent de caisse. Des arriérés de primes peuvent notamment bloquer un changement d’assureur.
Les subsides modifient aussi le calcul. Lorsqu’ils couvrent toute la prime, une baisse du tarif n’apporte pas forcément d’économie supplémentaire au ménage concerné.
Interrogé par Blick, l’économiste de la santé Stefan Felder souligne également l’attachement des ménages modestes à la franchise minimale de 300 francs. « Ils redoutent le risque financier lié à une franchise plus élevée », explique-t-il. Payer une prime moins chère peut alors signifier devoir assumer davantage de frais de sa poche en cas de soins.
Une caisse connue, des habitudes difficiles à quitter
L’âge compte également. L’analyse de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), publiée en septembre 2026, montre que les changements sont les plus fréquents entre 26 et 40 ans. Après 70 ans, ils deviennent très rares.
L’habitude, les maladies chroniques et le poids des démarches peuvent expliquer cette réticence, relève Stefan Felder. Pour l’assurance de base, une nouvelle caisse doit pourtant accepter l’assuré quels que soient son âge et son état de santé. Pour une complémentaire, l’assureur peut en revanche refuser une nouvelle affiliation.
Certains préfèrent conserver leur assurance de base et leur complémentaire au même endroit. D’autres apprécient le service de leur caisse actuelle et hésitent à l’échanger contre une organisation qu’ils connaissent moins, même lorsque la prime proposée est plus basse.
Faire baisser sa prime sans changer d’assureur
Rester dans sa caisse ne signifie pas forcément renoncer à toute économie. L’année dernière, 7 % des assurés ont modifié leur modèle d’assurance ou leur franchise. Ces ajustements peuvent réduire la prime, avec des conditions et un risque financier à examiner selon la formule choisie. Les modèles alternatifs, comme Telmed, représentent désormais près de 80 % des contrats.
Pour changer d’assurance de base au 1er janvier 2027, la caisse actuelle doit recevoir la résiliation au plus tard le 30 novembre 2026. C’est la date de réception, et non celle du cachet postal, qui compte.








