Huit ans de plus que les salariés : le profil des indépendants suisses réserve une surprise

Travailler pour soi ne commence pas forcément au sortir des études. En Suisse, les chiffres dessinent un profil bien particulier, avec un âge moyen élevé et des semaines souvent bien remplies.

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Huit ans de plus que les salariés : le profil des indépendants suisses réserve une surprise : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

La cinquantaine n’est plus très loin : en 2025, les indépendants suisses avaient 49,6 ans en moyenne. Les salariés, eux, avaient 41,3 ans. L’écart atteint donc 8,3 ans. De quoi regarder autrement le profil de ceux qui travaillent pour eux-mêmes.

Ce statut concerne environ 681’000 personnes, soit 13,9 % des personnes en emploi. Autrement dit, près d’une sur sept travaille en indépendant. Et ce portrait ne se résume pas à l’âge : derrière l’autonomie professionnelle, les horaires et les congés racontent aussi un quotidien différent.

Un statut qui devient plus fréquent avec l’âge

Chez les 15-24 ans en emploi, seuls 4,2 % exercent une activité indépendante. La proportion passe à 14,8 % parmi les 40-54 ans, puis atteint 19,3 % chez les 55-64 ans. À l’approche de la retraite, près d’un travailleur sur cinq est donc indépendant.

Le contraste devient encore plus marqué après l’âge légal de la retraite. Parmi les personnes qui continuent alors à exercer une activité professionnelle, 41,2 % sont indépendantes. Plus de quatre travailleurs sur dix, dans cette population encore active, travaillent donc pour eux-mêmes.

Ces chiffres décrivent les personnes en activité en 2025. Ils ne donnent pas l’âge auquel elles ont lancé leur entreprise ou choisi de travailler à leur compte.

Être son propre patron, souvent sans équipe autour

Les données de l’Office fédéral de la statistique regroupent deux situations : les personnes travaillant à leur propre compte et celles salariées de leur propre entreprise, généralement une SA ou une Sàrl.

Dans cet ensemble, près de 64 % travaillent seuls. Les autres, soit 35,9 %, emploient du personnel, avec une moyenne de 7,8 collaborateurs parmi ces employeurs. L’indépendance ne signifie donc pas nécessairement diriger une équipe : le travail en solo reste largement majoritaire.

Le statut est aussi davantage représenté chez les hommes. Il concerne 15,8 % des hommes en emploi, contre 11,9 % des femmes. Derrière le terme d’indépendant, les situations professionnelles restent donc variées.

Des semaines qui approchent les 47 heures

L’agenda, lui, ne se remplit pas tout à fait comme celui d’un salarié. À plein temps, les indépendants travaillent habituellement 46,8 heures par semaine. La durée contractuelle moyenne des salariés à plein temps s’établit, elle, à 41,5 heures. Le travail des indépendants empiète aussi davantage sur les week-ends.

Leurs semaines se sont toutefois allégées avec le temps. En 2005, elles atteignaient encore 51,7 heures. En vingt ans, la durée hebdomadaire habituelle a donc diminué de 4,9 heures, tandis que celle des salariés est restée presque stable.

Côté vacances, l’écart persiste. Les indépendants à plein temps prennent en moyenne 23,5 jours par an, contre 26,4 jours pour les salariés. Cela représente près de trois jours de congé en moins chaque année.

Une place très différente selon les métiers

Le travail indépendant est particulièrement répandu dans l’agriculture et la sylviculture : il concerne 42,1 % des personnes en emploi dans ces secteurs. Les activités spécialisées, scientifiques et techniques affichent également une proportion élevée, à 24,8 %.

À l’autre bout du tableau, les indépendants représentent seulement 5,5 % des personnes en emploi dans l’enseignement et 6 % dans la finance et les assurances. D’un métier à l’autre, le portrait change donc nettement.

Malgré ces différences, sa part globale a peu bougé en Suisse : elle était de 14 % en 2005, contre 13,9 % en 2025.

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