Une prime qui augmente, c’est autant d’argent en moins pour le reste du mois. Avec une hausse moyenne annoncée de 5 % pour 2027, les ménages suisses ont de quoi regarder de près ce qu’ils paient. Et se poser une question simple : quelle part de cet argent sert à faire fonctionner leur assureur ?
Les remboursements de soins restent au cœur de l’assurance de base. Mais les primes financent également les équipes, les bureaux, l’informatique et les campagnes publicitaires des caisses. Des dépenses dont le détail mérite un coup d’œil.
La publicité coûte 74 millions, le personnel bien davantage
Le montant consacré à la publicité peut faire réagir : un peu plus de 74 millions de francs en une année. Il reste cependant loin du premier poste de dépenses administratives, le personnel.
Les assureurs lui ont consacré environ 1,26 milliard de francs en 2025. Cela représente 73 % de leurs frais administratifs, soit près de trois francs sur quatre. Les commissions versées aux intermédiaires et les amortissements atteignent, eux, environ 33 millions de francs chacun.
En ajoutant les autres dépenses de fonctionnement, notamment les locaux et l’informatique, l’administration de l’assurance de base revient à 1,73 milliard de francs au total. Rapportée au nombre d’assurés, la somme correspond à 191 francs par personne et par an.
Ces frais sont intégrés au financement des caisses par les primes déjà versées. Le chiffre de 191 francs est une moyenne nationale : chaque assureur a ses propres coûts, parfois très éloignés de ce montant.
De 103 à 445 francs par assuré : des écarts considérables
L’analyse de Moneyland, s’appuie sur les données officielles de l’Office fédéral de la santé publique. Elle montre que les petites caisses occupent les premières places du classement des frais les plus bas.
Sodalis affiche ainsi 103 francs de frais administratifs par assuré. La caisse de Sumiswald suit avec 110 francs, devant la Krankenkasse Luzerner Hinterland, à 119 francs.
Parmi les assureurs comptant plus de 100 000 assurés, Agrisano présente les frais les plus faibles, à 154 francs par personne. CSS et Helsana suivent de près, avec respectivement 161 et 162 francs. À l’autre extrémité de ce groupe de grands assureurs, Atupri atteint 259 francs.
Un tableau publié par Blick fait aussi apparaître la Glarner Krankenversicherung à 445 francs par assuré. C’est plus de quatre fois le montant observé chez Sodalis. Le nom le plus connu ou la taille de la caisse ne permettent donc pas, à eux seuls, de deviner combien coûte son administration.
Les coûts de santé restent le moteur de la hausse des primes
Ces différences donnent matière à s’interroger sur la gestion des assureurs. Elles ne permettent toutefois pas de conclure qu’une caisse aux frais administratifs faibles proposera forcément la prime la moins chère.
À l’échelle de l’ensemble du système, Moneyland chiffre ces dépenses à 4,2 % des primes ajustées au risque. Le calcul rapporte les charges administratives aux primes après déduction de la compensation des risques entre assureurs.
Les frais de gestion représentent donc une part limitée des sommes collectées. La publicité, elle-même, n’en constitue qu’une fraction, très inférieure aux dépenses de personnel.
Réduire ces coûts pourrait alléger le fonctionnement des caisses, mais laisserait entière la principale difficulté. Felix Oeschger, expert chez Moneyland, attribue avant tout la forte progression des primes à l’augmentation des coûts de santé.








