L’épidémie de légionellose qui frappe Bâle prend une nouvelle tournure avec l’identification d’une source probable de contamination. Deux tours de refroidissement appartenant à Manor seraient à l’origine de 26 cas, dont un décès.
Alors que plusieurs personnes restent hospitalisées, l’entreprise pourrait désormais faire face à des conséquences judiciaires et financières importantes. Des indemnisations et une amende pouvant atteindre plusieurs millions de francs sont évoquées.
Les tours de refroidissement de Manor au centre de l’enquête
L’origine probable de l’épidémie de légionellose qui touche Bâle a été identifiée par le laboratoire cantonal. Deux tours de refroidissement humides appartenant à Manor seraient responsables de la diffusion d’une souche dangereuse de légionelles.
L’installation concernée a depuis été arrêtée. Ces équipements, utilisés pour évacuer la chaleur des bâtiments grâce à l’évaporation de l’eau, nécessitent un entretien sanitaire particulièrement strict afin d’éviter la prolifération de bactéries.
Le bilan de cette contamination s’élève désormais à 26 personnes malades. Cinq personnes restent hospitalisées, dont une en soins intensifs, tandis qu’un homme de 69 ans est décédé.
L’annonce de la source probable de contamination a également provoqué la colère de certains habitants du quartier, qui estiment ne pas avoir été informés suffisamment tôt d’un éventuel danger.
Des victimes pourraient réclamer des indemnisations
Sur le plan juridique, l’affaire pourrait prendre une nouvelle dimension. Selon Me Jonas Steiner, avocat spécialisé en responsabilité civile, des employés de Manor touchés par la maladie ainsi que des habitants contaminés pourraient engager des démarches contre l’entreprise.
Les personnes concernées pourraient notamment demander réparation pour les dommages subis, comme le relève Blick. Pour les victimes extérieures à l’entreprise, une procédure viserait plus probablement Manor en tant que société plutôt que des employés individuellement.
L’avocat estime qu’obtenir une indemnisation serait davantage envisageable par un accord amiable que par un long procès. «Dans la plupart des cas, un accord est trouvé à l’amiable», explique-t-il.
Une éventuelle responsabilité pénale pourrait également être étudiée. Une condamnation pour homicide par négligence nécessiterait toutefois de démontrer qu’un défaut d’entretien ou une négligence identifiable aurait contribué au décès et qu’un entretien adapté aurait probablement permis d’éviter le drame.
Manor pourrait faire face à une amende de plusieurs millions
Au-delà des indemnisations potentielles, Manor pourrait aussi subir une sanction financière de la part des autorités.
Une amende pouvant atteindre cinq millions de francs est évoquée dans le cas où une infraction pénale serait liée non pas à une personne précise, mais à une organisation défaillante au sein de l’entreprise.
De son côté, Manor affirme coopérer avec les autorités et indique que les installations concernées font actuellement l’objet d’analyses. La chaîne de grands magasins a confirmé que des concentrations élevées de légionelles avaient été détectées dans les deux tours de refroidissement de son siège social.
L’entreprise assure désormais que les installations ont été mises hors service et qu’il n’existe plus de risque pour ses collaborateurs travaillant sur place.
Le dossier reste toutefois ouvert. Entre les éventuelles demandes d’indemnisation des victimes, les investigations sanitaires et les possibles suites judiciaires, les conséquences de cette épidémie pourraient encore s’étendre dans les prochains mois.








