Le calendrier annonce l’arrivée de l’automne météorologique, mais la météo suisse n’a visiblement pas reçu le mémo. Alors que l’été météorologique s’achève le 31 août, les températures devraient encore grimper dans les prochains jours et dépasser localement les 30 °C.
Cette chaleur pourrait même battre des records pour un début septembre. Mais après un été exceptionnellement chaud, une question reste en suspens : quand la pluie et la fraîcheur finiront-elles par s’imposer ?
Une chaleur qui joue les prolongations
Le 1er septembre marque officiellement le début de l’automne météorologique. Pourtant, l’ambiance attendue dans les premiers jours du mois sera davantage estivale qu’automnale.
Le mercure devrait progressivement remonter sous l’effet d’un courant de sud-ouest ramenant de l’air chaud vers la Suisse. Dans certaines régions, notamment autour de Genève, les températures pourraient à nouveau dépasser les 30 °C en fin de semaine.
Vincent Devantay, météorologue chez MétéoNews, explique que la situation actuelle est liée à des conditions anticycloniques, relate Blick. Si les prévisions se confirment, plusieurs journées à 30 °C pourraient ainsi se succéder en septembre.
Le spécialiste nuance toutefois l’impression de nouvelle canicule. Les journées raccourcissent rapidement et les nuits restent plus fraîches, ce qui empêche pour l’instant de parler d’une véritable période caniculaire.
Cette prolongation de la chaleur intervient après un été 2026 exceptionnel. Celui-ci a officiellement été considéré comme le plus chaud jamais enregistré en Suisse depuis le début des mesures.
Pas encore l’automne, et certainement pas encore l’été indien
Il faudra donc patienter avant de ranger définitivement les vêtements légers.
Le mois de septembre constitue traditionnellement une période de transition. Son début peut encore ressembler à l’été, tandis que les conditions peuvent devenir nettement plus fraîches quelques semaines plus tard.
Le météorologue écarte d’ailleurs le terme d’« été indien ». Cette expression désigne généralement une période douce et ensoleillée observée plus tard dans la saison, notamment en octobre en Amérique du Nord.
Surtout, la chaleur du début septembre ne permet pas de savoir quel temps dominera dans les semaines suivantes.
Une fin d’été chaude et sèche ne signifie donc pas automatiquement que la douceur se prolongera jusqu’à la fin de l’année. Les prévisions à aussi longue échéance restent trop incertaines pour tirer une telle conclusion.
Une grosse réserve d’humidité pourrait changer la donne
Un autre élément pourrait toutefois jouer un rôle dans l’évolution de la météo au cours de l’automne : la chaleur exceptionnelle de la Méditerranée.
L’eau de la mer Méditerranée dépasse actuellement les 30 °C par endroits. Une température aussi élevée favorise une forte évaporation et augmente la quantité d’humidité présente dans les masses d’air.
Or, plus l’air est chaud, plus il peut contenir de vapeur d’eau. Vincent Devantay rappelle qu’à chaque degré supplémentaire, l’air peut contenir environ 7 % d’humidité en plus.
Cette importante réserve d’humidité pourrait donc alimenter des épisodes perturbés lorsque les conditions deviendront plus favorables.
Le risque concerne particulièrement le bassin méditerranéen, où des épisodes d’instabilité et de fortes précipitations pourraient se produire au cours de l’automne.
Mais impossible, pour le moment, de fixer une date précise. Cette bascule pourrait intervenir dès le début du mois d’octobre comme beaucoup plus tard, voire à la fin novembre.
La fraîcheur arrivera, mais personne ne peut encore dire quand
Les prévisions à long terme donnent donc des indications, mais pas encore de calendrier précis pour le retour d’un temps véritablement automnal en Suisse.
L’année 2026 reste déjà particulièrement chaude. Sur les huit premiers mois de l’année, la température moyenne en Suisse se situe environ 2,2 °C au-dessus de la norme, selon les données citées par le météorologue.
Pourtant, les mécanismes saisonniers continuent de s’imposer. Dès septembre, la durée d’ensoleillement diminue rapidement. Le pays perd environ trois à quatre minutes de soleil chaque jour, ce qui représente plus d’une heure et demie de lumière en moins à la fin du mois.
Le phénomène El Niño pourrait également influencer les conditions météorologiques mondiales, mais son impact précis sur la Suisse reste encore difficile à déterminer.
Une chose est donc certaine : même après un été hors normes, les saisons poursuivent leur cycle. Septembre pourrait encore offrir plusieurs journées très chaudes, mais l’automne finira par reprendre ses droits. Reste à savoir s’il arrivera progressivement ou avec un spectaculaire changement de décor.








