Les absences des salariés deviennent un problème financier de plus en plus lourd pour les entreprises suisses. Quatre PME sur dix indiquent que leur coût a augmenté au cours des cinq dernières années, avec une situation encore plus marquée dans les sociétés de plus grande taille.
Les arrêts liés à la santé mentale prennent également davantage de place dans cette équation. Pourtant, alors que les dirigeants reconnaissent largement l’importance de la prévention, de nombreuses entreprises peinent encore à mettre des mesures concrètes en place.
Jusqu’à 62 % des grandes PME voient leurs coûts augmenter
Au total, 42 % des PME interrogées constatent une hausse des coûts provoqués par les absences au cours des cinq dernières années. Parmi les entreprises comptant entre 50 et 250 salariés, cette proportion atteint même 62 %.
Au-delà du salaire éventuellement maintenu pendant une absence, une entreprise peut devoir supporter d’autres dépenses. Réorganiser les équipes, remplacer un salarié, former une nouvelle personne ou absorber une baisse de productivité.
La santé mentale occupe désormais une place importante dans ces absences. Quelque 35 % des PME déclarent être moyennement ou fortement touchées par des arrêts liés à l’état psychique de leurs collaborateurs. Elles n’étaient que 25 % dans cette situation en 2023.
Ces données proviennent de l’étude 2026 d’AXA sur le marché de l’emploi des PME, réalisée auprès d’entreprises suisses et relayée par la TDG.
La charge de travail pointée par plus d’un tiers des entreprises
Les causes de la pression psychologique ne se trouvent pas uniquement dans l’entreprise. Selon l’enquête, 46 % des PME citent en premier lieu des difficultés ou contraintes relevant de la vie privée.
Le travail arrive toutefois juste derrière. Une charge professionnelle trop importante est évoquée par 36 % des entreprises. Les conflits entre collègues ou avec la hiérarchie ainsi que le manque de reconnaissance font également partie des facteurs régulièrement cités.
Le style de management semble jouer un rôle. Parmi les entreprises qui accordent une place importante à l’autonomie et à la responsabilité individuelle, 27 % disent être touchées par des absences pour raisons psychiques. La proportion grimpe à 43 % parmi celles qui ne mettent pas particulièrement ces principes en avant.
Le manque de reconnaissance illustre le même écart. Il est cité par 16 % des entreprises privilégiant l’autonomie, contre 27 % chez les autres.
L’idée défendue par les spécialistes de la santé en entreprise est qu’un salarié qui dispose d’une marge de décision, se sent soutenu et travaille dans un climat de confiance peut être mieux armé pour faire face aux périodes de forte pression.
Une PME sur quatre ne prend encore aucune mesure spécifique
Les employeurs sont pourtant largement conscients de leur responsabilité. Deux PME sur trois, soit 66 %, considèrent que les cadres jouent un rôle déterminant dans la santé mentale des équipes.
Mais cette prise de conscience ne se traduit pas toujours par davantage de prévention. La proportion d’entreprises favorisant une culture ouverte du feed-back est ainsi passée de 35 % en 2023 à seulement 28 % en 2026.
Les autres mesures restent également minoritaires. Seules 14 % des PME interrogées encouragent spécifiquement la santé physique à travers l’alimentation ou l’activité sportive, tandis que 11 % proposent des formations destinées aux cadres.
Plus frappant encore, environ une entreprise sur quatre ne met en œuvre aucune mesure particulière pour prévenir les absences liées à des problèmes psychiques.
Le manque de temps constitue l’un des principaux obstacles avancés par les PME. Pourtant, certaines actions ne nécessitent pas forcément de lourds investissements. Des échanges réguliers avec les salariés, une meilleure sensibilisation des responsables ou une culture de confiance peuvent déjà permettre de repérer plus tôt les situations problématiques.
Avec des coûts d’absence qui progressent dans 42 % des PME et une part croissante d’arrêts associés à la santé mentale, la question ne relève donc plus uniquement du bien-être des salariés. Elle devient aussi un enjeu économique direct pour les entreprises suisses.








