Alors que les prix des carburants repartent à la hausse en Suisse, certains automobilistes cherchent des alternatives pour limiter la facture. Dans le canton de Vaud, deux stations-service affichent des tarifs qui figurent parmi les plus bas de Suisse romande.
Leur particularité repose sur un modèle très différent de celui des stations traditionnelles. En supprimant les services annexes, elles parviennent à réduire leurs coûts et à proposer une essence plus avantageuse.
Une station qui casse les codes des stations-service classiques
Depuis plusieurs jours, les automobilistes suisses voient à nouveau les prix grimper à la pompe. Après une courte période d’accalmie, le sans-plomb et le diesel ont augmenté d’environ dix centimes en une dizaine de jours, sous l’effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de la hausse du pétrole brut.
Dans de nombreuses stations, le litre de sans-plomb 95 dépasse désormais les 1,90 franc et peut parfois approcher les 2 francs. Mais certaines enseignes réussissent à rester sous ces niveaux.
C’est notamment le cas de Friderici, qui exploite des stations à Orbe et Tolochenaz dans le canton de Vaud, ainsi qu’à Satigny et Vernier dans le canton de Genève. À Tolochenaz, le litre de sans-plomb 95 était affiché récemment à 1,82 franc, un tarif parmi les plus bas de Suisse romande, comme le relève 20Minutes.
Cette différence, même limitée à quelques centimes par litre, suffit à attirer des clients prêts à faire quelques kilomètres supplémentaires pour remplir leur réservoir. Selon Jean-Paul Friderici, président du conseil d’administration, les files d’attente se sont d’ailleurs allongées ces dernières semaines.
Moins de services pour maintenir des prix plus bas
Le secret de ces tarifs repose sur un modèle volontairement épuré. Contrairement aux grandes stations-service traditionnelles, les stations Friderici ne proposent ni boutique, ni restauration, ni services complémentaires.
« On se contente de vendre du carburant », explique l’entreprise. Le fonctionnement est simple : les clients font le plein, règlent leur achat et repartent. Cette organisation permet de réduire les coûts d’exploitation et de maintenir des prix plus compétitifs.
L’entreprise bénéficie également d’un autre avantage lié à son histoire. Ancien transporteur international, Friderici disposait déjà d’importantes capacités de stockage utilisées pour ses propres besoins. Ces infrastructures lui permettent aujourd’hui de renforcer son pouvoir de négociation auprès des fournisseurs grâce aux volumes achetés.
Il y a huit ans, la société avait aussi décidé de simplifier son système tarifaire en supprimant les prix différenciés pour ne conserver qu’un seul tarif présenté comme le plus avantageux.
Cette stratégie semble particulièrement efficace lors des périodes de tension sur les marchés pétroliers. Lorsque les crises internationales font craindre une nouvelle flambée des prix, les automobilistes cherchent davantage les stations moins chères.
Alors que les carburants restent très sensibles aux événements géopolitiques, le modèle de Friderici montre qu’un fonctionnement plus simple peut encore permettre de se démarquer dans un secteur très concurrentiel.








