400 francs par mois bientôt ? Les Suisses prêts à faire des concessions face à la hausse des primes 

Alors que les primes maladie pourraient franchir un nouveau cap en 2027, un sondage révèle que les Suisses semblent prêts à revoir certaines habitudes pour freiner l’envolée des coûts.

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400 francs par mois bientôt ? Les Suisses prêts à faire des concessions face à la hausse des primes : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Les primes d’assurance maladie pourraient franchir un nouveau seuil en 2027. Selon les estimations relayées avant l’annonce officielle des nouvelles primes, la hausse pourrait atteindre environ 5%, ce qui porterait la prime standard moyenne au-delà des 400 francs par mois pour la première fois.

Après une augmentation de 4,4% en 2026, cette nouvelle progression pèserait encore davantage sur le budget des ménages suisses. Dans ce contexte, la population semble davantage ouverte à des changements dans le fonctionnement du système de santé.

Le libre choix du médecin et de l’hôpital moins sacré qu’avant

Face à la pression financière, les Suisses se montrent plus favorables à des modèles qui limitent certains choix individuels. Selon le dernier baromètre de la santé réalisé par l’institut GFS pour Interpharma, et relayé par Blick, une partie importante des personnes interrogées accepterait certaines restrictions ou adaptations afin de réduire les coûts.

D’après l’enquête menée auprès de 1046 personnes, 65% des participants accepteraient une restriction du libre choix de l’hôpital, soit 16 points de plus que l’année précédente.

Le libre choix du médecin recueille également davantage de soutien. 57% des personnes interrogées se disent prêtes à l’accepter, contre 43% un an auparavant.

Même une réduction du catalogue des prestations couvertes par l’assurance de base gagne du terrain. Cette possibilité passe de 36% à 50% d’adhésion, à condition que les économies réalisées soient réelles.

Les auteurs du baromètre constatent ainsi une évolution des mentalités. La hausse continue des coûts semble modifier la perception des mesures jugées acceptables.

Des mesures plus strictes trouvent un écho croissant

Certaines propositions de maîtrise des dépenses rencontrent désormais un soutien important. Près de 80% des personnes interrogées approuvent l’idée d’une participation financière supplémentaire pour les consultations aux urgences considérées comme mineures.

Par ailleurs, 69% estiment que certains médicaments destinés à traiter des problèmes de santé bénins pourraient être payés directement par les patients.

D’autres pistes recueillent également un soutien majoritaire. 62% des répondants se déclarent favorables à une caisse maladie avec un budget limité et un catalogue de prestations réduit, tandis que 54% soutiennent l’idée d’une caisse unique.

La population reste toutefois opposée à certaines mesures. Une majorité rejette notamment une hausse de la franchise minimale de 300 francs actuellement envisagée par le Parlement.

Les Suisses veulent préserver l’accès aux traitements innovants

Si les assurés se montrent ouverts à certaines économies, ils restent attachés à l’accès aux innovations médicales.

Trois quarts des personnes interrogées souhaitent que chacun puisse bénéficier de traitements innovants, même lorsque ceux-ci sont coûteux.

Une étude complémentaire menée par Swiss Economics montre également que les assurés seraient prêts à payer davantage pour améliorer l’accès à ces médicaments. Pour augmenter la disponibilité des traitements innovants jusqu’à un niveau comparable à celui observé en Allemagne, les personnes interrogées accepteraient en moyenne une dépense supplémentaire de 33 francs par mois.

Pour obtenir un remboursement plus rapide des nouveaux traitements, certains seraient même prêts à supporter une hausse plus importante de leur prime.

Une population partagée sur l’avenir du système

Le baromètre révèle aussi certaines contradictions dans les attentes des assurés. Alors que 67% des personnes interrogées soutiennent le principe de primes identiques pour tous, 63% approuvent également l’idée de primes calculées selon les revenus.

Sur le long terme, le soutien aux primes liées aux revenus progresse toutefois davantage que celui des primes fixes.

Face à la hausse des coûts de la santé, les Suisses semblent donc partagés entre plusieurs objectifs. Préserver la qualité des soins, limiter l’augmentation des primes et accepter certains changements dans l’organisation du système.

La prochaine annonce officielle des primes maladie 2027 permettra de mesurer concrètement l’ampleur de la hausse attendue.

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