Les ménages suisses chauffés au mazout risquent de voir leur facture s’alourdir à l’approche de la saison froide. Malgré une inflation générale toujours faible, les prix de certaines sources d’énergie évoluent beaucoup plus rapidement.
Le mazout coûte ainsi 31 % de plus qu’il y a un an, selon le dernier indice publié par Comparis. Et les tensions persistantes sur les marchés énergétiques ne laissent entrevoir aucune véritable accalmie à court terme.
Le mazout coûte 31 % de plus qu’il y a un an
À première vue, l’évolution générale des prix reste plutôt contenue en Suisse. En juillet 2026, l’inflation annuelle s’établissait à seulement 0,4 %.
L’indice des prix élaboré par Comparis avec le Centre de recherches conjoncturelles KOF de l’EPF Zurich montre toutefois que cette relative stabilité cache d’importants écarts selon les dépenses.
L’énergie destinée au chauffage en est l’un des exemples les plus frappants. Gaz, mazout, bois de chauffage et chauffage à distance affichent ensemble une hausse de 3,7 % sur un an.
Le cas du mazout est beaucoup plus spectaculaire. Son prix reste supérieur de 31 % à celui observé douze mois auparavant.
Une petite détente a certes été enregistrée récemment : sur les trois derniers mois, le prix du mazout a reculé de 7,4 %. Mais cette baisse ne suffit pas à effacer l’envolée précédente.
À l’approche de l’automne, la situation pourrait devenir particulièrement sensible pour les ménages qui doivent remplir leur citerne avant le retour du froid.
Aucun véritable apaisement attendu à court terme
Comparis attribue notamment cette forte volatilité aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Dirk Renkert, expert financier du comparateur, souligne que les nouvelles escalades dans la région ont entraîné de fortes fluctuations des prix du mazout.
Une baisse durable nécessiterait selon lui un véritable apaisement du marché du pétrole brut, lui-même largement dépendant de l’évolution de la situation géopolitique.
Or, pour le moment, cette détente durable ne semble pas se dessiner. Face au risque d’une facture élevée cet hiver, l’expert recommande donc aux ménages de surveiller leur consommation. Maintenir les pièces à une température ne dépassant pas 22 degrés permet déjà de limiter sensiblement les besoins en énergie.
Pour les foyers dépendants du mazout, quelques degrés ou quelques semaines de chauffage supplémentaires peuvent rapidement représenter une différence importante sur la facture annuelle.
Les vacances ont aussi fait flamber certains prix
L’énergie n’est pas le seul poste à avoir fortement progressé en juillet. Les prix de la parahôtellerie ont bondi de 19,7 % en un mois. Cette catégorie comprend notamment les appartements de vacances, les campings et les auberges de jeunesse.
Cette hausse spectaculaire s’explique essentiellement par la saison estivale. Pendant les vacances, une forte demande se retrouve face à une offre limitée dans les destinations les plus populaires, ce qui permet aux hébergeurs d’augmenter leurs tarifs. Comparis s’attend toutefois à une détente après la fin de la haute saison.
Le transport individuel s’est lui aussi renchéri de 8,9 % en juillet, tandis que les liqueurs et boissons d’apéritif ont progressé de 5,2 %.
À l’inverse, les soldes estivales ont offert un peu de répit dans les magasins de vêtements.
Les prix des collections féminines ont diminué de 11 % en un mois, tandis que ceux des vêtements pour hommes ont reculé de 7,4 %. Les chaussures ont également bénéficié de rabais.
Pour les ménages suisses, ces baisses ponctuelles ne compensent cependant pas nécessairement les dépenses beaucoup plus lourdes liées au logement et à l’énergie. Avec un mazout toujours 31 % plus cher qu’un an auparavant, c’est désormais la facture de chauffage de l’hiver prochain qui concentre les inquiétudes.








