La pression monte autour des salaires pour 2027 en Suisse. Après Travail.Suisse, la Société suisse des employés de commerce réclame à son tour une augmentation, mais place la barre encore plus haut avec une revendication de 2,2 %.
Pour les personnes gagnant moins de 5000 francs par mois, elle demande même une revalorisation supérieure afin de compenser plusieurs années de perte de pouvoir d’achat. Une offensive qui promet des négociations difficiles alors que les entreprises se montrent beaucoup plus prudentes.
2,2 % de hausse et davantage pour les bas salaires
La Société suisse des employés de commerce veut mettre un terme à ce qu’elle considère comme une érosion continue du niveau de vie des salariés. Pour les négociations salariales de 2027, elle réclame une augmentation générale de 2,2 % dans l’ensemble des secteurs de l’économie.
Cette exigence dépasse légèrement celle de Travail.Suisse, qui avait demandé en début de semaine une progression moyenne de 2 %. Mais la SEC souhaite aller encore plus loin pour les revenus modestes. Toute personne gagnant moins de 5000 francs par mois devrait, selon elle, bénéficier d’une augmentation d’au moins 110 francs mensuels.
Pour un salaire de 4500 francs, cette revalorisation correspondrait à environ 2,4 %. L’objectif est de favoriser davantage les personnes dont le budget est le plus fortement touché par les dépenses incompressibles comme le logement, l’assurance maladie ou l’énergie.
Pour Pascal Lamprecht, responsable du partenariat social au sein de l’association cité par Blick, observer uniquement le faible niveau de l’inflation ne suffit pas pour évaluer la situation financière réelle des ménages.
Ce qui importe, selon lui, est surtout la somme restant à disposition une fois toutes les charges obligatoires réglées.
Les primes maladie pèsent lourd sur le pouvoir d’achat
La revendication repose notamment sur l’évolution du revenu disponible au cours des dernières années.
La Société suisse des employés de commerce estime que la classe moyenne a perdu du pouvoir d’achat entre 2016 et 2025 malgré une inflation parfois relativement faible.
Les primes d’assurance maladie constituent l’un des principaux problèmes. Leur évolution n’est pas directement intégrée dans l’indice des prix à la consommation de la même manière que les biens et services courants, alors qu’elles absorbent une part toujours plus importante du budget de nombreux ménages.
L’association reproche également à certains employeurs de ne pas avoir intégralement compensé le renchérissement lors des précédentes négociations salariales.
Pour elle, une augmentation inférieure à l’évolution réelle des dépenses conduit mécaniquement à une diminution du niveau de vie, même lorsqu’un ménage tente de réduire sa consommation.
Cette situation serait également négative pour l’économie. Moins de revenu disponible signifie moins de capacité à consommer et à épargner.
Les entreprises ne prévoient que 1,2 % de hausse
Le problème pour les salariés est que les attentes des entreprises sont très éloignées des revendications syndicales.
Selon la dernière enquête du KOF de l’ETH Zurich, environ 3500 entreprises ayant répondu à la question sur les rémunérations tablent sur une augmentation salariale moyenne de 1,2 % dans les douze prochains mois. Le KOF prévoit parallèlement une inflation de 0,5 %, ce qui donnerait une progression réelle des salaires d’environ 0,7 %.
La situation varie fortement selon les secteurs. La construction offre actuellement les meilleures perspectives, tandis que le commerce de détail, l’industrie et la finance affichent des attentes beaucoup plus modestes.
Pour les employés de bureau, les négociations interviennent en outre dans une période de transformations importantes.
Le secteur financier procède à des restructurations et l’intelligence artificielle automatise progressivement certaines tâches administratives. Selon les chiffres cités par la SEC, le chômage parmi les employés de bureau atteint actuellement 3,6 %, contre environ 3 % pour l’ensemble du pays.
Pascal Lamprecht estime toutefois que l’intelligence artificielle ne doit pas devenir un argument permettant de justifier systématiquement des restructurations ou de limiter les hausses salariales.
Le commerce de détail constitue selon lui l’un des secteurs où une amélioration est particulièrement urgente en raison du niveau relativement faible de nombreuses rémunérations.
Entre les 2,2 % réclamés par les employés de commerce et les 1,2 % anticipés par les entreprises, un écart important reste donc à combler avant les négociations salariales de cet automne.








