Dans cette ville suisse, stationner un gros véhicule peut coûter jusqu’à 200 francs plus cher qu’une petite voiture

La nouvelle tarification du stationnement basée sur la longueur des véhicules à Bâle soulève de vives critiques, notamment de la part des propriétaires de camping-cars.

Publié le
Lecture : 3 min
Ville suisse
Dans cette ville suisse, stationner un gros véhicule peut coûter jusqu’à 200 francs plus cher qu’une petite voiture : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Depuis janvier 2025, Bâle a introduit un système de tarification du stationnement unique en Suisse, où les tarifs varient en fonction de la longueur des véhicules. Cette réforme, qui vise à améliorer la gestion de l’espace public et encourager les véhicules plus compacts, a rapidement fait parler d’elle, notamment parmi les propriétaires de camping-cars et de véhicules longs.

Alors que la mesure semble logique pour certaines autorités et résidents, elle suscite également de vives critiques de la part des automobilistes affectés. En effet, si l’objectif est de favoriser des solutions de transport plus écologiques et réduire la congestion urbaine, de nombreux habitants estiment que cette nouvelle politique est injuste et pénalise les propriétaires de véhicules qui utilisent principalement leur voiture pour des trajets en ville.

Une tarification basée sur la taille des véhicules

À Bâle, la nouvelle tarification du stationnement est entrée en vigueur au 1er janvier 2025 et distingue trois catégories principales selon la longueur des véhicules. Les véhicules mesurant moins de 3,90 mètres paient une taxe annuelle de 332 francs, soit une augmentation par rapport aux 284 francs précédemment demandés. Pour les véhicules de taille moyenne (entre 3,90 et 4,90 mètres), la taxe s’élève à 422 francs. Enfin, pour les véhicules de plus de 4,90 mètres, comme les camping-cars, les propriétaires doivent désormais s’acquitter d’une somme de 512 francs par an, soit 90 francs de plus par rapport à la catégorie intermédiaire.

L’objectif de cette réforme est de mieux gérer l’espace urbain, particulièrement dans un centre-ville dense où les places de stationnement sont limitées. En taxant davantage les véhicules plus grands, la ville incite les résidents à opter pour des voitures plus petites, contribuant ainsi à libérer de l’espace pour les autres véhicules et à réduire la congestion. La mesure s’inscrit également dans un contexte environnemental, visant à réduire l’empreinte écologique des habitants de la ville en encourageant l’utilisation de transports plus durables.

Les inconvénients pour les propriétaires de camping-cars

Cependant, cette nouvelle approche n’est pas sans soulever des questions, notamment pour les propriétaires de véhicules longs, comme les camping-cars. En effet, les automobilistes qui possèdent à la fois une voiture de ville et un camping-car sont pénalisés par cette tarification. Bien que leur véhicule de ville puisse mesurer moins de 4,90 mètres et donc être soumis à une taxe inférieure, les autorités prennent en compte la taille du plus grand véhicule inscrit à la même plaque d’immatriculation pour déterminer le tarif applicable. Ainsi, même si le camping-car est garé hors du centre-ville, il peut entraîner une facture de stationnement bien plus élevée pour les automobilistes, car la ville utilise les dimensions de ce véhicule pour le calcul de la taxe.

Les autorités bâloises justifient cette règle en affirmant que la gestion de plaques d’immatriculation interchangeables est complexe. En effet, un système basé uniquement sur l’auto-déclaration des résidents serait susceptible d’entraîner des abus, car il serait impossible de vérifier systématiquement quel véhicule est stationné à quel endroit. De plus, dans de nombreux cas, les véhicules peuvent être garés de manière alternée, ce qui complique encore les contrôles.

Cependant, cette règle est perçue comme injuste par plusieurs résidents qui considèrent qu’ils paient une taxe trop élevée pour un véhicule qui n’est même pas stationné en ville. De nombreux automobilistes, notamment ceux qui utilisent leur camping-car uniquement pour les loisirs et qui ne l’amènent jamais en centre-ville, estiment que cette approche ne tient pas compte de la réalité de leur utilisation quotidienne.

Des augmentations de taxes à venir

La situation risque de se compliquer davantage à partir de 2027, car les autorités prévoient une nouvelle augmentation des taxes de stationnement. Les véhicules de ville pourraient alors atteindre des frais annuels de 560 francs, et les camping-cars pourraient se voir appliquer des taxes encore plus élevées, atteignant 740 francs, indique Blick. Ces hausses à venir alimentent l’inquiétude des résidents qui craignent que la réforme ne devienne encore plus onéreuse à l’avenir, en particulier pour ceux qui sont déjà désavantagés par la prise en compte de la taille de leurs véhicules secondaires.

Alors que la réforme de la tarification du stationnement à Bâle vise à répondre à des préoccupations environnementales et d’optimisation de l’espace urbain, elle met également en lumière des injustices ressenties par certains résidents, notamment les propriétaires de camping-cars et de véhicules longs. La difficulté de la situation réside dans l’application rigide de ces règles, qui ne semblent pas tenir compte de l’utilisation réelle des véhicules par leurs propriétaires. Cette mesure, bien que soutenue par les autorités locales, reste controversée et devrait continuer à alimenter les débats sur la gestion de l’espace public dans les grandes villes suisses.

Laisser un commentaire

Share to...