CarPostal s’apprête à mettre fin à un service qui avait marqué une étape importante dans les transports publics suisses. Dès le début de l’année 2027, les voyageurs ne pourront plus utiliser le Wi-Fi gratuit à bord des cars postaux.
L’entreprise justifie cette décision par l’évolution des usages numériques et par le coût désormais difficile à défendre du dispositif. Après quinze ans de présence dans les véhicules, ce service autrefois innovant est devenu largement moins utilisé.
Un service pionnier devenu presque inutile pour les voyageurs
Lorsque CarPostal a lancé le Wi-Fi gratuit à bord en 2012, l’offre avait tout d’une petite révolution. L’entreprise devenait alors le premier grand opérateur de transports publics en Suisse à proposer ce service à ses passagers. À l’époque, les abonnements mobiles étaient plus chers, les volumes de données souvent limités et se connecter gratuitement pendant un trajet représentait un vrai avantage.
Quinze ans plus tard, le contexte a profondément changé. La plupart des voyageurs disposent désormais d’abonnements mobiles plus généreux, voire illimités. Les touristes étrangers, eux, utilisent de plus en plus des forfaits d’itinérance ou des e-SIM avant leur arrivée en Suisse.
Résultat, le Wi-Fi embarqué attire beaucoup moins. En cinq ans, le nombre de connexions a été divisé par deux. Aujourd’hui, seuls 5% des voyageurs l’utilisent encore durant leur trajet, selon le communiqué publié en ligne par l’entreprise. Pour CarPostal, ce recul montre que le service ne répond plus aux habitudes actuelles de sa clientèle.
Une facture trop lourde pour un usage devenu marginal
La décision de CarPostal repose aussi sur une logique financière. Jusqu’ici, le Wi-Fi à bord était en partie cofinancé par la Confédération et les cantons, car il servait également aux besoins internes de l’entreprise. Les tablettes utilisées par les chauffeurs dépendaient notamment de ce réseau pour certaines fonctions opérationnelles.
Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ces appareils fonctionnent désormais de manière autonome sur le réseau mobile classique. Le Wi-Fi des cars postaux n’a donc plus d’utilité technique pour l’exploitation quotidienne.
S’il était maintenu uniquement pour les derniers passagers qui l’utilisent, CarPostal devrait assumer seule une facture estimée à plusieurs centaines de milliers de francs par an. Dans un contexte de pression sur les coûts des transports publics, l’entreprise juge cette dépense difficile à justifier.
Le Wi-Fi gratuit restera toutefois disponible dans la majeure partie de la flotte jusqu’à la fin de l’année prochaine. Le changement est déjà visible dans les nouveaux véhicules livrés à CarPostal, qui sortent désormais d’usine sans équipement de connexion à bord.








