Faire ses courses de l’autre côté de la frontière reste un réflexe bien ancré chez de nombreux Suisses. Et en 2026, l’écart de prix avec les pays voisins paraît encore particulièrement favorable.
Selon une analyse de Wise, certains produits peuvent coûter jusqu’à 63% moins cher hors de Suisse. Et un pays en particulier apparaît comme la destination la plus intéressante pour remplir son panier.
Jusqu’à 63% d’économies sur certains produits
L’étude de Wise citée par le 20 minuten compare les prix pratiqués dans les principaux supermarchés suisses avec ceux de plusieurs enseignes situées en Allemagne, en France et en Italie. Côté suisse, les prix de Migros, Coop ou Aldi Suisse ont notamment été pris en compte. Côté pays voisins, l’analyse intègre des enseignes comme Aldi, Lidl, Rewe, Carrefour, Coop Italie ou Intermarché.
Pour rendre la comparaison plus cohérente, Wise a appliqué la TVA suisse aux produits étrangers et calculé des prix moyens afin de limiter les écarts entre détaillants. Le résultat confirme ce que beaucoup de consommateurs frontaliers constatent déjà dans les rayons : la différence peut être massive.
Les économies les plus importantes concernent surtout les produits alimentaires de base. Beurre, œufs, pommes et autres articles courants peuvent, dans certains cas, être jusqu’à 63% moins chers dans les pays voisins.
En moyenne, les produits alimentaires restent nettement plus avantageux hors de Suisse. L’Allemagne ressort comme le pays le plus attractif, avec des prix alimentaires environ 40% plus bas qu’en Suisse. Pour un ménage qui fait régulièrement ses courses de l’autre côté de la frontière, l’écart peut donc représenter plusieurs centaines de francs sur une année.
La droguerie offre aussi des différences importantes, mais avec une nuance. L’Allemagne est le seul pays voisin où ces produits sont en moyenne moins chers qu’en Suisse, avec une économie d’environ 17%. En France et en Italie, les produits de droguerie peuvent au contraire coûter plus cher qu’en Suisse.
Pour les articles de luxe, le potentiel d’économies existe encore, mais il est beaucoup plus limité. Les bonnes affaires doivent être cherchées produit par produit, et l’écart n’est pas aussi spectaculaire que sur l’alimentation.
L’Allemagne profite du franc fort et de prix plus bas
Si l’Allemagne tire son épingle du jeu, ce n’est pas seulement grâce à ses enseignes discount. Le niveau général des prix y reste plus bas qu’en Suisse, tandis que le franc fort renforce encore l’avantage des consommateurs helvétiques.
Wise estime qu’un panier standardisé affichant 100 francs en Suisse coûte environ 60 francs en Allemagne. L’écart est donc suffisamment important pour expliquer l’attrait persistant du tourisme d’achat.
Le taux de change joue aussi un rôle central. Ces dernières années, le franc s’est apprécié face à l’euro, ce qui augmente le pouvoir d’achat des Suisses lorsqu’ils paient dans la zone euro. Pour Wise, 2026 pourrait même être l’une des années les plus favorables depuis cinq ans pour les consommateurs suisses dans l’espace euro.
La TVA renforce encore cet avantage. En Suisse, le taux de TVA sur les denrées alimentaires est de 2,6%, tandis qu’il atteint 7% en Allemagne. Pour les autres produits, la différence est encore plus visible, avec 8,1% en Suisse contre 19% en Allemagne. Les clients suisses peuvent toutefois demander le remboursement de la TVA allemande lorsqu’ils exportent leurs achats vers la Suisse, ce qui rend l’opération encore plus attractive.
Depuis l’abaissement de la franchise-valeur suisse à 150 francs par personne et par jour, les achats transfrontaliers sont davantage encadrés. Au-dessus de cette limite, la TVA suisse est due sur l’ensemble des marchandises importées. Mais sous ce seuil, les achats restent exonérés de TVA suisse, ce qui entretient l’intérêt pour les courses à l’étranger.
Pour les commerces suisses, cette situation reste sensible. Les détaillants proches des frontières dénoncent depuis longtemps la concurrence des supermarchés allemands, français ou italiens. La combinaison entre prix plus bas, franc fort et remboursement de TVA pèse directement sur leurs ventes.
Pour les consommateurs, le calcul reste plus pragmatique. Le déplacement doit être rentable, surtout en tenant compte du carburant, du temps passé, des limites douanières et des éventuelles restrictions sur certains produits. Mais pour ceux qui vivent près de la frontière, l’avantage peut être difficile à ignorer.
L’étude confirme donc une tendance bien connue : faire ses courses à l’étranger peut encore alléger fortement le ticket de caisse des Suisses. Et en 2026, l’Allemagne semble plus que jamais tenir la première place des destinations les plus avantageuses.








