Migros poursuit son offensive dans les petites communes avec un format bien différent de ses supermarchés traditionnels. À Speicher, dans le canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures, une nouvelle supérette Teo ouvrira en 2027 dans l’ancien bâtiment de la Poste.
Accessible 24 heures sur 24 et sans personnel permanent, elle doit répondre aux besoins quotidiens des habitants tout en limitant les coûts d’exploitation. Pour Migros, ce modèle pourrait devenir une véritable alternative dans les villages où un grand magasin classique serait difficile à rentabiliser.
Un magasin Migros accessible à toute heure
La commune de Speicher, qui compte environ 4500 habitants, accueillera donc l’un des prochains magasins Migros Teo de Suisse orientale.
Le principe est simple : une petite surface de vente, un assortiment resserré et surtout une ouverture permanente. Les clients peuvent faire leurs courses 24 heures sur 24 sans qu’une équipe soit présente en continu dans le magasin.
Migros dispose déjà de neuf établissements Teo en Suisse orientale et affirme constater une demande croissante pour ce type de commerce. Un autre point de vente doit également voir le jour à Räterschen, près de Winterthour, avant la fin de l’année.
Pour entrer dans ces magasins en dehors des horaires habituels, les clients utilisent notamment une carte bancaire ou une carte Cumulus. Des caméras et différents capteurs permettent ensuite d’assurer la surveillance des lieux.
Le groupe a déjà testé ce fonctionnement sur un format plus classique. Depuis début juillet, une succursale de Herisau reste ouverte après son horaire normal de fermeture, y compris les dimanches et jours fériés, en utilisant le même système automatisé.
Une « épicerie de village moderne »
Pour Migros, les petites communes constituent un terrain particulièrement intéressant pour ce concept.
Dans de nombreux villages, la population est suffisante pour créer une demande régulière en produits de première nécessité, mais pas toujours assez importante pour assurer la rentabilité d’un supermarché traditionnel avec une grande surface et du personnel présent toute la journée.
C’est précisément dans cet espace que Teo cherche à s’imposer. L’expert du commerce de détail Marco Kern estime que ces petites supérettes peuvent répondre à un véritable besoin d’approvisionnement local. Leur avenir dépendra cependant de leur capacité à proposer exactement les produits recherchés par la clientèle.
Si l’assortiment correspond aux habitudes locales, le spécialiste imagine même le concept évoluer progressivement vers une forme d’« épicerie de village moderne », écrit Blick.
Migros partage cet optimisme. La coopérative de Suisse orientale assure avoir obtenu de bons résultats aussi bien dans les quartiers urbains que dans les petites localités et affirme rechercher continuellement de nouveaux emplacements.
Le nombre d’ouvertures ne suffira toutefois pas à mesurer le succès du modèle. La fréquentation sur la durée et surtout la rentabilité de chaque point de vente resteront déterminantes.
À Speicher, Migros était attendue depuis des années
L’arrivée de Migros à Speicher revêt une dimension particulière. La commune attend depuis longtemps l’installation d’un magasin de l’enseigne.
Un projet de supermarché classique avait déjà été lancé à la fin de l’année 2017, avec une ouverture initialement prévue au printemps 2020. Mais plusieurs procédures d’opposition ont retardé le chantier et le calendrier reste aujourd’hui incertain.
Le Teo prévu pour 2027 permettra donc à Migros de s’installer malgré tout dans la commune, au moins temporairement.
Le magasin prendra place dans un bâtiment appartenant à la municipalité. Selon les informations d’Appenzell24, le bail aurait été conclu pour cinq ans avec une possibilité de prolongation.
Migros ne sait pas encore combien de temps cette implantation provisoire pourra rester en place, notamment si son projet de supermarché classique finit par aboutir.
En attendant, le groupe poursuit clairement le développement de ce format automatisé. Avec Teo, Migros tente de résoudre une équation compliquée : conserver un commerce de proximité dans les petites localités tout en évitant les coûts d’un supermarché traditionnel.








