Alors que le gouvernement peine à trouver des solutions pour améliorer le pouvoir d’achat des Français, la hausse des prix continue elle de peser sur les ménages. Entre inflation persistante, des prix de l’énergie qui s’envolent et des comptes publics sous tension, l’exécutif étude toutes les pistes pour trouver un équilibre dans le cadre du budget 2027.
Selon une enquête de l’institut Elabe publiée jeudi, 67 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a diminué ces derniers mois, un ressenti qui progresse de 11% par rapport à une précédente étude. Les dépenses liées aux carburants et à certains produits alimentaires alimentent ne font qu'empirer les choses, la sécheresse exceptionnelle de l’été a également pesé sur certains prix agricoles, ce qui accentue la pression sur les finances de nombreux ménages..
Face à cette situation, le gouvernement a écarté l’idée d’une généralisation des aides ou d’une baisse supplémentaire des taxes pour compenser la hausse des prix de l’essence. Le ministère de l’Économie rappelle que les finances publiques ne laissent que peu de marge pour de nouveaux dispositifs. L’État doit aussi composer avec des taux d’intérêt plus élevés, qui augmentent le coût du financement de la dette publique. De plus, l’économie française connaît un ralentissement par rapport à plusieurs pays voisins, ce qui réduit donc la marge de manœuvre du gouvernement..
Un budget 2027 marqué par la recherche d’économies
Après l’Insee, le gouvernement a lui aussi été contraint de revoir sa prévision de croissance pour 2026, désormais estimée à 0,5 %, tandis que l’inflation est attendue à 2,1 % cette année puis à 1,8 % en 2027. Pour éviter le scenario de l’année dernière, le ministre de l’Économie Roland Lescure a donc expliqué qu’il était essentiel d’établir le budget 2027 rapidement. Avec un déficit public estimé à plus de 5 % pour l’année en cours, le gouvernement doit trouver 30 milliards d’euros pour redresser la barre.
Dans un courrier adressé aux chefs d’entreprise, le Premier ministre Sébastien Lecornu a évoqué un « environnement économique beaucoup plus difficile ». Il a expliqué que certaines dépenses supplémentaires viennent de situations que l’État n’a pas choisies mais qu’il doit désormais prendre en charge. Parmi ces dépenses figurent notamment la prolongation d’aides ciblées sur les carburants et un soutien de plus d’un milliard d’euros destiné aux agriculteurs touchés par les fortes chaleurs qui ont frappé la France cet été.
Un pouvoir d’achat sous pression avant l’élection présidentielle
La question du pouvoir d’achat intervient donc dans un climat politique tendu, à quelques mois de la présidentielle de 2027. Le gouvernement doit composer avec une Assemblée nationale sans majorité stable et avec une forte attente sociale. Une ministre a résumé la situation actuelle lors d’un échange rapporté dans la presse, « on est tellement sur une ligne de crête. On a zéro argent, on est à la limite d’une crise financière et on a zéro politique qui nous aide, puisque c’est la campagne présidentielle », s’est-elle alarmée.








