Retraites : désindexation ou suppression de l’abattement de 10%, le gouvernement prépare un choix difficile pour des millions de seniors

Le budget 2027 place les retraites au centre des débats avec plusieurs pistes étudiées pour réduire les dépenses publiques.

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Retraites : désindexation ou suppression de l'abattement de 10%, le gouvernement prépare un choix difficile pour des millions de seniors. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info

C’est dans une atmosphère particulièrement tendue que le gouvernement prépare le budget 2027. Pour redresser les finances publiques, l’Exécutif devra faire des choix très forts. Parmi les mesures qui pourraient être annoncées dans les prochaines semaines, les retraités pourraient bien être l’une des catégories ciblées. La désindexation des pensions ou la suppression de l’abattement de 10 %, l’une de ces deux manœuvres pourrait bien passer.

Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a en effet expliqué que maintenir une revalorisation des pensions, même partielle, devrait être compensé par une évolution de cet avantage fiscal. Selon lui, ces deux dispositifs représentent des montants importants pour les finances publiques et ne pourraient pas être conservés sans ajustement. L’indexation automatique des pensions représente un coût estimé à plus de 6 milliards d’euros en 2027. Une dépense que le gouvernement pourrait donc supprimer en sautant la revalorisation.

Il faut dire, la situation économique de la France renforce la pression sur les finances publiques. La croissance française est attendue à 0,4 % en 2026, tandis que l’inflation devrait atteindre environ 2,1 % sur l’année. Dans ce contexte, l’exécutif cherche des économies tout en tenant compte du pouvoir d’achat des ménages. « Il ne peut pas y avoir de demi-mesure », a déclaré David Amiel, estimant qu’une éventuelle indexation des pensions devrait être financée par une autre évolution concernant les retraités.

Deux pistes qui n’auraient pas les mêmes conséquences sur les retraités

La première option serait de limiter ou suspendre la revalorisation des pensions. Avec une telle option, des millions de retraités verraient leurs revenus ne plus suivre l’inflation. Le mécanisme d’indexation est particulièrement surveillé par les seniors, car celui-ci impacte directement leur niveau de vie. Avec une baisse de la revalorisation, ce sont donc les finances des retraités qui risquent d’être pénalisées.

La seconde piste étudiée par le gouvernement concerne l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités pour le calcul de leur impôt sur le revenu. Sa suppression ou sa modification augmenterait l’impôt payé par une partie des seniors imposables. Selon une note de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) publiée en janvier 2025, la suppression de cet avantage fiscal pourrait toucher 8,5 millions de ménages. Environ 500 000 foyers pourraient même devenir imposables après cette évolution.

L’économiste Bertrand Martinot, auteur de « J’ai cotisé, j’y ai droit », estime que le gouvernement doit agir rapidement face à la progression naturelle des dépenses liées aux retraites. « On n’a plus le choix, réagit l’économiste Bertrand Martinot auprès du Parisien. C’est une mesure d’urgence qui ne nous exonérera pas de la nécessité d’une réforme. Mais, à court terme, il nous faut freiner cette dépense de retraites qui va augmenter spontanément de 12 milliards d’euros avec la revalorisation automatique des retraites et l’effet volume, c’est-à-dire l’augmentation du nombre de retraités. »

Un dossier brûlant pour le gouvernement

La question de l’indexation des pensions reste un sujet particulièrement délicat. Les précédentes tentatives de modifier les règles liées aux retraites ont provoqué de nombreux débats politiques et sociaux. Bertrand Martinot souligne la difficulté de demander un nouvel effort aux retraités après les discussions autour de la réforme Borne.

« C’est que l’histoire n’est pas simple à raconter aux Français, poursuit Bertrand Martinot. On a suspendu la réforme Borne, qui faisait porter l’effort sur les actifs, et là, le gouvernement revient pour se refaire sur les retraités. » Pour l’exécutif, la question repose aussi sur une répartition de l’effort entre générations. Une source gouvernementale résume cette position ainsi : « Il doit y avoir une solidarité et une responsabilité des retraités ».

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