Travail : pour la première fois en 40 ans, la pression baisse, mais 4 salariés sur 10 doutent d’aller jusqu’à la retraite

Le travail est moins intense pour la première fois depuis les années 1980, mais les salariés doutent et se disent fatigués.

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Travail : pour la première fois en 40 ans, la pression baisse, mais 4 salariés sur 10 doutent d’aller jusqu’à la retraite. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info

Depuis les années 1980 quand des mesures ont été prises en faveur des conditions de travail, l’intensité du travail recule en France. De nombreux travailleurs doutent cependant de leur capacité à trimer jusqu’à la retraite, et ce, malgré cette amélioration.

En effet, c’est la dernière enquête sur les conditions de travail et les risques psychosociaux qui fait ressortir cette évolution. Une enquête menée par la Dares, le service statistique du ministère du Travail, et qui repose sur plus de 25 000 questionnaires réalisés entre juillet 2024 et avril 2025.

Moins de pression au travail, mais des écarts importants selon les métiers

Entre 2016 et 2024, la part des salariés exposés à au moins trois contraintes de rythme de travail est passée de 43 % à 38 %. Ces contraintes regroupent notamment la cadence imposée par une machine, des objectifs de production à atteindre dans un délai court, la surveillance permanente de la hiérarchie ou encore le suivi informatisé des activités. Cette baisse concerne la plupart des catégories professionnelles, avec une amélioration particulièrement visible chez les ouvriers peu qualifiés, pour lesquels l’exposition recule de 10 points.

Chez les ouvriers qualifiés, la diminution est plus limitée, avec une baisse de 2 points, mais ils restent parmi les salariés les plus exposés. La pression liée au temps diminue aussi. En 2024, 39 % des cadres déclarent toujours ou souvent travailler sous pression, contre 43 % en 2016. La proportion de salariés qui doivent régulièrement « se dépêcher » recule de 4 points sur l’ensemble de la population active. Le développement du télétravail pourrait expliquer une partie de cette amélioration, notamment chez les cadres qui y ont davantage recours.

La Dares souligne que les salariés concernés voient leurs conditions de travail évoluer plus favorablement que ceux qui restent uniquement en présentiel. La situation reste plus compliquée pour les employés peu qualifiés. Ils sont la seule catégorie où la pression temporelle ne diminue pas. La part de ceux qui déclarent devoir se dépêcher atteint même 44 %, soit 3 points de plus qu’en 2016.

La pénibilité physique reste un problème majeur pour les salariés

Si certains indicateurs liés à l’organisation du travail progressent, la pénibilité physique reste élevée. Quatre salariés sur dix sont toujours exposés à au moins trois contraintes physiques parmi six étudiées, comme le port de charges lourdes, les postures fatigantes, le travail debout prolongé ou les vibrations. Dans plusieurs catégories, la situation se dégrade. L’exposition aux contraintes physiques augmente de 7 points chez les employés peu qualifiés, de 4 points chez les employés qualifiés, de 2 points dans les professions intermédiaires et d’un point chez les ouvriers. Seuls les cadres enregistrent une légère baisse, d’un point.

Les risques psychosociaux évoluent aussi de manière contrastée. Le manque d’autonomie dans l’organisation du travail concerne encore 41 % des salariés en 2024, mais ce chiffre baisse de 3 points par rapport à 2016. Les relations au sein des entreprises s’améliorent légèrement. La part des salariés déclarant avoir de mauvaises relations avec leur hiérarchie passe à 21 %, soit 5 points de moins qu’en 2016. Les relations dégradées entre collègues diminuent également, passant de 9 % à 6 %. L’isolement au travail recule de 4 points, mais concerne encore 23 % des salariés.

Quatre salariés sur dix ne pensent pas pouvoir tenir jusqu’à la retraite

Malgré des améliorations sur plusieurs aspects du travail, la perception de l’avenir reste préoccupante. En 2024, 41 % des salariés déclarent ne pas se sentir capables d’exercer le même métier jusqu’à leur retraite, contre 38 % en 2016. Cette progression touche particulièrement les employés peu qualifiés, pour lesquels l’indicateur augmente de 6 points. Cette catégorie se distingue aussi par une évolution moins favorable sur plusieurs critères étudiés par la Dares.

Les salariés expriment malgré tout un attachement important à leur activité. En 2024, 82 % d’entre eux déclarent ressentir souvent ou toujours la fierté du travail bien fait, soit 10 points de plus qu’en 2016. La question des moyens disponibles reste une difficulté. Un salarié sur quatre estime ne pas avoir assez de temps pour effectuer correctement ses missions, tandis qu’un salarié sur trois considère manquer de collègues pour réaliser son travail dans de bonnes conditions.

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