Pour réduire les dépenses publiques, des discussions autour des retraites et salaires des fonctionnaires ont débuté. Pour la Cour des comptes, faire reculer le déficit public devrait passer par un effort d’au moins 20 milliards d’euros sur la masse salariale publique d’ici 2032.
À l’approche de la présentation du budget 2027, le gouvernement a déjà annoncé plusieurs mesures touchant les fonctionnaires, notamment le gel du point d’indice. Cette décision représenterait environ 2 milliards d’euros d’économies, la Cour des comptes estime néanmoins que le niveau des rémunérations ne dépend pas uniquement du point d’indice. Les progressions liées à l’ancienneté, les promotions, les changements de grade, les primes ou encore les mesures spécifiques à certains métiers impactent également la masse salariale dans le publique.
Une facture salariale publique de 362 milliards d’euros
Fin 2024, les trois fonctions publiques regroupaient 5,88 millions d’agents. La masse salariale brute atteignait alors 362,1 milliards d’euros. Selon la Cour des comptes, les mesures catégorielles ont représenté environ 12 milliards d’euros supplémentaires dans la fonction publique d’État entre 2012 et 2024.
L’institution souligne également que les rémunérations ont évolué différemment selon les secteurs. Entre 2012 et 2023, le salaire net des agents restés en poste, après prise en compte de l’inflation, a progressé de 15,1 % dans la fonction publique d’État, de 1,5 % dans la fonction publique territoriale et de 23,4 % dans la fonction publique hospitalière.
Pour la Cour, la masse salariale constitue donc un poste majeur sur lequel agir pour réduire les dépenses publiques. Elle estime nécessaire de réaliser un effort d’au moins 20 milliards d’euros à l’horizon 2032. Les pistes avancées concernent notamment l’évolution des effectifs, mais aussi les règles de progression des rémunérations.
Vers des suppressions de postes et une hausse limitée des salaires des fonctionnaires
Dans la fonction publique d’État, la Cour des comptes évoque la possibilité de ne pas remplacer une partie des départs à la retraite. Cette mesure pourrait concerner jusqu’à 220 000 départs. Pour les collectivités territoriales, elle propose un retour progressif au niveau d’effectifs observé en 2014, ce qui représenterait environ 140 000 agents en moins, rapporte Capital.
La Cour ne préconise pas uniquement un gel des salaires. Elle propose une « sous-indexation concertée et pluriannuelle », ce qui signifie que les rémunérations continueraient à progresser, mais moins rapidement que les prix. L’institution estime également que certaines augmentations pourraient rester possibles pour les métiers confrontés à des difficultés de recrutement. Elle suggère aussi d’agir sur le temps de travail et l’absentéisme afin de contenir les dépenses.
Le débat devrait se poursuivre lors des discussions budgétaires à venir, avec un enjeu central : trouver un équilibre entre la maîtrise des dépenses publiques et l’attractivité des métiers de la fonction publique.









