Les Français s’inquiètent sur la dette publique, en raison notamment de la nouvelle hausse des taux d'emprunt, alors que le projet de loi de finances pour 2027 doit être présenté dans trois semaines. Si la situation financière de la France se dégrade, cela peut-il toucher leur épargne, leur crédit ou leurs placements ? C’est la question qui taraude les esprits des particuliers ces derniers temps.
L’assurance-vie en fonds euros est l’un des placements qui peut être lié directement à la gestion de la dette publique. Pour cause, ces produits investissent une grande partie de leur portefeuille dans des obligations, notamment celles émises par les États. Si les investisseurs demandent une rémunération plus importante pour prêter à la France, les nouveaux titres rapportent davantage. En revanche, les anciennes obligations détenues par les assureurs perdent temporairement de la valeur sur les marchés.
Cela ne signifie évidemment pas une baisse de l’épargne des assurés, les compagnies qui conservent leurs titres jusqu’à leur échéance récupèrent normalement le capital prévu, sauf défaut de l’émetteur. Le risque devient plus sensible dans un scénario de défaut de paiement ou de vente forcée d’actifs ayant fortement chuté. « En soi, la dette n’est jamais un problème s’il y a un soutien de la Banque centrale. Il peut y avoir un problème si, au contraire, il n’y a plus ce soutien. Le risque est institutionnel, et non financier », estime le spécialiste Ivan Invernizzi, cité par nos confrères de Capital.
Le crédit immobilier pourrait subir les premières tensions
Pour les ménages, l’impact concret d’une aggravation de la dette publique de la France se sentirait sur le crédit immobilier. Pour cause, les taux auxquels les banques prêtent dépendent de l’environnement général des marchés financiers. Le taux de l’OAT française à dix ans n’impose pas directement le tarif des crédits immobiliers, il influence influence le coût de financement des banques. Si les taux longs restent élevés, les futurs acheteurs souhaitant contracter un crédit immobilier pourraient alors devoir payer plus.
De son côté, le Livret A fait partie des produits qui ne sont pas directement liés à la dette publique. En effet, les sommes déposées sur le Livret A, le LDDS et le LEP bénéficient d’une garantie de l’État. Par conséquent, même dans le cas où la dette publique de la France devient hors de contrôle, le gouvernement ne peut pas puiser dans ces fonds. Le PEL dépend, lui, du mécanisme de garantie des dépôts bancaires, avec une protection jusqu’à 100 000 euros par déposant et par établissement.
Les risques les plus concrets pour les épargnants
Le scénario d’un État français incapable d’honorer ses engagements reste très éloigné des préoccupations quotidiennes des ménages. Les risques les plus probables concernent plutôt l’évolution du pouvoir d’achat et des règles fiscales. Une inflation durable peut réduire la valeur réelle d’une épargne. Un placement qui rapporte 2 % par an perd en efficacité si les prix augmentent de 4 %.
Le montant inscrit sur le compte progresse, mais il permet d’acheter moins de biens et de services. La fiscalité représente un autre point de vigilance. Face à une charge de la dette publique plus lourde, les gouvernements peuvent chercher des recettes supplémentaires ou modifier certaines règles budgétaires. Ivan Invernizzi défend une analyse différente de celle généralement retenue par les économistes traditionnels.
« L’épargnant devrait se méfier de ceux qui parlent de diminuer le déficit, car le bilan de l’épargnant est le contraire du bilan de l’État : lorsque l’État fait un déficit, quelqu’un d’autre réalise un surplus », explique-t-il.








