Pisa : le décrochage scolaire français menace l’économie de plusieurs milliards d’euros

La baisse du niveau scolaire en France inquiète les économistes, qui alertent sur ses conséquences possibles pour l’économie future.

Publié le
Lecture : 2 min
Pisa
Pisa : le décrochage scolaire français menace l’économie de plusieurs milliards d’euros. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info

La baisse des résultats scolaires en France pourrait avoir des conséquences bien au-delà de l’école. Selon les dernières données du classement international Pisa, les performances des élèves français reculent dans plusieurs matières, une évolution qui inquiète les économistes en raison de ses effets possibles sur l’emploi, la productivité et la croissance.

Dans une interview publiée par Les Échos, Xavier Jaravel, président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE), estime que le recul du niveau éducatif pourrait peser lourdement sur l’économie française dans les prochaines décennies. « Globalement, les mauvaises performances éducatives du pays pourraient se traduire par une baisse du PIB de l’ordre de 150 milliards à l’horizon 2050 si le niveau des générations suivantes ne s’améliore pas », évalue Xavier Jaravel.

Cette estimation repose sur le lien entre les compétences acquises pendant la scolarité et la capacité des futurs actifs à trouver un emploi, à s’adapter aux évolutions technologiques et à contribuer à la production de richesse. L’enquête Pisa 2025, menée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), révèle que les résultats des élèves français sont les plus faibles mesurés depuis la création du classement en 2000.

La France reste dans la moyenne des pays de l’OCDE pour les trois domaines évalués : mathématiques, compréhension de l’écrit et sciences. Mais cette position masque une baisse importante des performances par rapport aux précédentes éditions.

Des résultats scolaires en recul qui pourraient peser sur l’emploi

Les conséquences économiques pourraient apparaître rapidement. Selon Xavier Jaravel, les difficultés scolaires actuelles pourraient entraîner davantage d’échecs dans l’enseignement supérieur et compliquer l’entrée des jeunes sur le marché du travail. « Ces mauvais résultats vont probablement entraîner dans les cinq ans à venir une augmentation du taux d’échec dans l’enseignement supérieur et une hausse du taux de chômage des jeunes, du fait d’une moins bonne insertion professionnelle. À plus long terme, cela va aussi ralentir l’adoption des nouvelles technologies, ce qui va peser sur la productivité et donc sur la croissance de l’économie française », explique-t-il à BFM.

Les chiffres de Pisa montrent une baisse marquée depuis l’édition précédente de 2022. L’évaluation a concerné 6 500 élèves français répartis dans 289 écoles. Les scores ont diminué de 4 points en sciences, de 18 points en compréhension de l’écrit et de 16 points en mathématiques. L’OCDE considère qu’un écart de 20 points correspond environ à une année de scolarité.

Les mathématiques et la compréhension des textes apparaissent comme les deux domaines les plus fragilisés. Ces compétences jouent pourtant un rôle important dans la poursuite des études, la formation professionnelle et l’adaptation aux évolutions des métiers.

Un plan de 4 milliards d’euros proposé pour renforcer le niveau scolaire

Xavier Jaravel établit également un lien entre les difficultés éducatives et la productivité de l’économie française. Selon lui, une meilleure évolution du niveau scolaire aurait pu soutenir davantage la croissance ces dernières années. « On peut estimer que, si le niveau éducatif ne s’était pas détérioré, la croissance économique aurait été de l’ordre de 0,3 point plus élevée chaque année au cours de la dernière décennie », ajoute l’économiste.

Il évoque notamment les conséquences d’un retard dans l’adoption des nouvelles technologies, qui nécessite des compétences adaptées chez les salariés. Pour répondre à cette situation, le Conseil d’analyse économique a proposé un plan annuel de 4 milliards d’euros consacré notamment à la formation des enseignants et à l’évolution des pratiques pédagogiques. L’objectif est de renforcer les apprentissages fondamentaux et de réduire les écarts avec les systèmes éducatifs les plus performants.

Laisser un commentaire

Partages