Dans le cadre du budget 2027, un effort supplémentaire devrait être demandé aux retraités en France. Alors que l’exécutif cherche à réaliser 30 milliards d’euros d’économies, plusieurs pistes touchant les retraites ont été évoquées, le ministre de l’Économie a donc tenu à mettre les choses au clair.
Dans un entretien accordé au Parisien samedi 12 septembre, le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure a assuré qu’il n’était pas question de réduire les pensions touchées par les retraités. « Aucune pension ne diminuera », a-t-il annoncé. Cette déclaration arrive au moment où le gouvernement étudie encore plusieurs scénarios pour réduire les dépenses publiques. L’exécutif souhaite limiter l’effort demandé aux retraités tout en trouvant des économies dans un contexte budgétaire tendu.
Roland Lescure a néanmoins reconnu que les retraités pourraient participer à l’effort collectif. Le ministre a en effet expliqué que cette contribution pourrait être acceptée si elle est répartie entre plusieurs catégories de population et limitée dans le temps. « Et ils peuvent le comprendre si c’est partagé et temporaire », a affirmé le ministre de l’Économie et des Finances. Le dossier reste particulièrement sensible, car la revalorisation automatique des pensions en fonction de l’inflation représente une dépense importante pour les finances publiques, mais elle demeure essentielle pour des millions de retraités.
L’abattement fiscal de 10 % au cœur des débats
La modification de l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions de retraite figure parmi les pistes actuellement sur la table des discussions. Cet avantage réduit le montant des revenus pris en compte pour calculer l’impôt sur le revenu des retraités concernés, une suppression ou une réduction de ce dispositif pourrait donc permettre au gouvernement de réduire ses dépenses. Le ministre de l’Économie n’a pas confirmé cette option, mais il a reconnu qu’elle faisait partie des pistes envisagées.
« La question peut se poser », a déclaré Roland Lescure, en ajoutant qu’« il y a plein de solutions envisageables ». Le ministre a également assuré que le gouvernement ne souhaitait pas pénaliser l’ensemble des retraités. En effet, il a évoqué la possibilité de cibler davantage les ménages disposant des revenus les plus élevés. Roland Lescure a cité le cas d’une pension mensuelle de 2 000 euros, estimant qu’elle ne correspond pas à une situation de grande richesse mais qu’elle ne place pas non plus le retraité dans une situation de précarité.
Une dépense de plus de 6 milliards d’euros pour maintenir l’indexation des retraites
Le coût de l’indexation des pensions sur l’inflation constitue l’autre sujet majeur des discussions. Le ministre des Comptes publics David Amiel a estimé que cette revalorisation représenterait plus de 6 milliards d’euros de dépenses supplémentaires. Et pour cause « l’indexation de l’ensemble des retraites sur l’inflation » coûterait « plus de 6 milliards d’euros l’an prochain », et « de ces 6 milliards, on n’a pas aujourd’hui le premier euro », a-t-il signalé.
Selon David Amiel, si le gouvernement décide de conserver une indexation des pensions, il faudra trouver une compensation budgétaire équivalente. La suppression ou la réduction de l’abattement fiscal de 10 % fait partie des solutions évoquées. Aucune décision définitive n’a encore été annoncée. Les arbitrages devraient intervenir avant la présentation du projet de budget 2027 au Parlement, où les députés devront débattre de la répartition des économies.








