Budget 2027 : gel des pensions, fiscalité… les retraités aisés dans le viseur du gouvernement

Les retraités les plus aisés pourraient être davantage sollicités dans le prochain budget, alors que l’État cherche de nouvelles économies.

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Budget 2027 : gel des pensions, fiscalité… les retraités aisés dans le viseur du gouvernement. Crédit : Canva | Econostrum.info

Dans le cadre du budget 2027, le gouvernement envisage de demander un effort financier aux retraités les plus aisés. Invité de RTL ce lundi 7 septembre, le ministre de l’Économie Roland Lescure a confirmé que deux pistes sont sur la table : une revalorisation moins généreuse de certaines pensions et une réforme de l’abattement fiscal de 10 %. 

« Je comprends les frustrations. (…) J’entends les préventions des uns et autres sur ‘est-ce qu’il faut que les retraités fassent un effort ?’. J’ai envie de retourner la question en disant ‘est-ce qu’il y a des raisons pour que tout le monde fasse des efforts sauf les retraités qui, pour certains d’entre eux, sont dans une situation de revenus relativement favorable ? La réponse est évidemment non » , a rétorqué le ministre de l’Économie lors de sa prise de parole sur RTL.

Une sous-indexation des pensions pour dégager plusieurs milliards

La première piste du gouvernement consisterait à revaloriser certaines pensions moins vite que l’inflation. Le fonctionnement normal prévoit une évolution des retraites de base liée aux prix. Entre janvier 2022 et janvier 2026, ces pensions ont ainsi progressé d’environ 15 % sous l’effet de l’inflation. « Savoir si on augmente moins les retraites que ce que l’inflation prévoirait », résume Roland Lescure. Le gouvernement cherche à cibler les pensions les plus élevées afin d’épargner les retraités modestes.

Un seuil de 3 000 euros brut par mois a circulé dans le débat, sans confirmation officielle. Selon les scénarios examinés, un gel ou une sous-indexation pourrait générer jusqu’à 6 milliards d’euros d’économies. Le sujet revient régulièrement. Un gel envisagé précédemment aurait dégagé environ 3,6 milliards d’euros, avant d’être abandonné. L’OFCE avait aussi évalué à 3,4 milliards d’euros l’économie liée à un report de six mois de la revalorisation des pensions.

La seconde piste touche l’impôt sur le revenu. Les retraités bénéficient aujourd’hui d’un abattement de 10 % sur leurs pensions imposables, dans certaines limites. Une réforme prévoyant un forfait de 2 000 euros avait été envisagée pour 2026 puis abandonnée. Elle aurait pénalisé les retraités percevant plus de 20 000 euros de pensions par an. Interrogé sur les deux options, Roland Lescure a répondu : « L’un ou l’autre, on regarde les deux, l’un et l’autre ont du sens ».

L’épargne salariale dans le viseur du budget 2027

Bien évidemment, les retraités ne sont pas les seules cibles du gouvernement pour le budget 2027. En effet, l’exécutif étudie aussi la possibilité d’augmenter les prélèvements sur l’intéressement, la participation et certains abondements versés sur les plans d’épargne salariale. D’après le projet rapporté par Les Échos, les sommes dépassant 3 000 euros par an pourraient être soumises à de nouvelles cotisations. Deux scénarios sont examinés.

L’un réserverait l’exonération de cotisations aux versements inférieurs à ce plafond. L’autre instaurerait une contribution d’assurance maladie au-delà de 3 000 euros. Au total, environ 1 milliard d’euros pour la Sécurité sociale est à la clé. La CSG et la CRDS resteraient dues dès le premier euro, comme aujourd’hui. « Cela fait partie des pistes qu’on regarde, comme d’autres » mais « il n’y a rien d’acquis aujourd’hui », précise Roland Lescure.

Selon le ministre, sans nouvelle décision budgétaire, le déficit pourrait approcher 6 % en 2027. « Mais la réalité, c’est que si on ne fait rien, on va dans le mur », a-t-il prévenu. Le gouvernement vise 5 % au maximum, avec l’ambition de descendre sous ce niveau. 

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